14.06.2007

Sam fait bien marrer, tiens !

Précieux lecteur cher à mon coeur, féroce lecteuse qui manie la sulfateuse, 

Les potes.
Certains sont indispensables. D’autres moins.
Certains sont fiables. D’autres moins.
Certains sont fidèles. D’autres moins.
Certains sont prévisibles. D’autres moins.

Sam en fait partie.

NicMo connaît Sam (Samos) depuis longtemps et sait que le gars, quoique adorable est un peu à lui seul le tonneau des Danaïdes de l’étonnement : une source intarissable.
Et de rires aussi.

Courte revue de détails :

1. Le casque
Le jeune Sam, boutonneux encore, quoique plus totalement adolescent, a déjà le sens des priorités. Ainsi, au restaurant il se prive du supplément béchamel du Menu Choucroute afin d’économiser quelques deniers.
Avarice ?
Que nenni.
Détermination.
Sam a un objectif : le casque GPA de ses rêves. Peu à peu, de petite vieille violentée en retraité molesté, il parvient à rassembler la somme. A acheter le casque.
Peu de temps après, un huissier pressé d’aller saisir une famille avant la trêve hivernale ou un ministre de l’intérieur ne respectant pas les feux (enfin, un truc de mec estimable, quoi) lui coupe la route.

Je te laisse prendre le ton M6 pour dire : "Et là, en un instant… sa vie bascule !"

Sa vie, je ne sais pas, mais sa bécane, c’est certain : on l’envoie au tas. Prenant la mesure du désastre annoncé, Sam ne cherche pas le Midi Libre à 14 heures : il place consciencieusement les 2 mains sur les côtés du casque pour protéger ce dernier.

Bilan : il est tout pourri de partout.
Pantalon ? N’a pus !
Veste ? N’a pus besoin !
Chaussures ? Z’étaient pas confortables, t’façons !
Peau ? Euh… on n'avait pas dit "doux", le peeling ?… non ?
Et le casque ? rien.
Comme neuf. Les gants/mains ont tout pris.

Satisfaction du Samos : elle est pas belle, la vie ?
Si, bien sûr ! Surtout quand on fait la sieste…

2. La sieste
A l’époque intermittent du chômage, NicMo travaille pour le Salon Moto Légende, le salon de la moto ancienne et d’exception.
Sam aussi.
Mais moins.
Sam est préposé au déchirage des tickets sous la pluie, voire la neige contrôle des accès, à l’entrée du bâtiment.
A côté du portail, il y a une petite cabane au confort sommaire mais dans laquelle il est parfois bien agréable de se reposer (d'être un moment au sec, aussi vu qu'il pleut quasi tout le temps).
Sam demande donc à NicMo de le relayer afin qu’il (Sam) aille se reposer 5 minutes.
Altruiste (de Schubert), NicMo accepte et prend son tour au contrôle des tickets (quoique sa fonction le destinât à des tâches nettement plus prestigieuses, comme trouver des Bernardo© pour faire le taff à sa place, par exemple).

Et là, aussi sûr qu’il se met à pleuvoir systématiquement quand t’as passé la peau de chamois sur la Xantia Break, c’est le rush.
Le motard afflue à grands renforts. Pris par le rythme, NicMo -son homologue fait de même- essaye d’écluser le flux d’arrivants… et ne fait pas attention au temps qui passe.
Au bout d’une grosse demi-heure, Samos sort de la cabane, l’air épanoui qu’aurait Eve Angeli à qui on demanderait un rapport sur la notation de Dirac et son impact quant à la perception des fermions de spin des particules élémentaires.
En un mot : pas glop !

"Vous auriez pu me réveiller, là ! Ca fait quarante minutes que je fais la sieste dans une mauvais position, maintenant, par votre faute, j’ai mal aux genoux".

NicMo était tellement rigolard qu’il n’a même pas répliqué.
Trop fort.
Mais ça, encore, c’est rien… il peut aussi te faire son numéro-des-numéros…

3. Le numéro des tickets
Samos reprend alors son poste.
Il faut savoir que pour atteindre le Salon/contrôle-des-tickets-par-Samos, le motard se farcit 5 bonnes minutes de marche depuis l’entrée du Parc Floral, avec casque, blouson... le froid et la pluie sont offerts par la maison avec l'aide de la saison !
Lui qui est habitué à se garer devant l’endroit où il va, ça le rend chiffon (oui, le motard est parfois chiffon).
Il arrive à la grille. Y’a la queue.
Il dégouline mais prend son mal en patience en discutant avec la femelle domestique qui décore le pouf à l'arrière de la selle, ou ses compagnons d’infortune.
Jusqu’à entendre Sam prévenir/proférer : "les tickets pairs à gauche, les tickets impairs à droite".
Comme ça, pour déconner Et je t'assure que le motard moyen, son niveau de réflexion étant du niveau : "clé de 12 ou clé de 14 ?", ben le coup des tickets, il comprend pô, mais alors pô du tout !

Et d’expliquer le plus sérieusement du monde aux couples qu’il ne peut laisser-passer-qu’une-personne-pour-votre-ticket-pair-voyez-ça-avec-mon-collègue-en-face-je-ne-suis-pas-habilité!
Autant le motard imbibé -de flotte- a moyennement apprécié (VRAIMENT moyennement), autant le NicMo a vraiment rigolé, sur ce coup-là.
Mais pas autant qu’aux Coupes Moto Légende…

3. Les Coupes Moto Légende
Dernière année sur le circuit mythique de Montlhéry.
Affluence record : 25 000 motards pour 2 jours, 1 321 accouplements adultérins (ayant généré 7% de CA supplémentaire dans les cliniques abortives de France), 135 Kms d’embouteillages causés, 1 intervention de la Préfecture, 12 432 542 frites cuites (on les a comptées) dans 958 litres d’huile (on les a recyclés pour un tournoi de catch féminin interne à la boîte), une quarantaine de chiottes en plastique (tu sais, le parallélépipède bleu ou vert : une marche, un trou surplombant un réservoir chimico-organique à dégoûter d’éclabousser en faisant caca… sauf à mettre le feu au vêtement éventuellement touché par la susdite éclaboussure… et regretter toute la vie de ne pas être une princesse comme TOI, qui ne fais JAMAIS caca.
(C’est p’têt' pour ça que t’as des comédons, d’ailleurs… non ?)) répartis sur le site… bref, y’a du monde.

L’organisation est donc munie de Talkies-Walkies afin de gérer tous les cas particuliers, les urgences… et en voici une qui se profile.
En plein rush :
- Sam pour NicMo
- oui mon Samos, t’es où ?
- euh... ben… euh... je suis dans les chiottes près de la tente d’accueil de la bourse d’échange…  y'a plus de PQ, je suis bloqué… tu peux m’en amener s’il te plaît ?

La scène : le gars est dans une étuve pestilentielle en plastique, il a regretté de ne pas être champion du monde d'apnée, il a tambouriné à la porte mais personne ne l'a entendu... sauf que ça finit loud and clear pour la bonne cinquantaine de personnes oeuvrant à la bonne marche de la manif.
UNIQUE, LA COMMANDE DE PQ PAR TALKIE.

Mais pour penser au PQ, encore fallait-il ne pas être distrait...

4. Sam le distrait
Outre l’oubli de PQ, finalement assez anodin, Samos présente un panel assez large d'absences de concentration.

Par exemple : il met du gépéhèl dans le réservoir de son automobile (il n’a mis ni essence, ni gasoil… déjà pas mal, non ?).
Il va payer (donc, pas de grivèlerie... toujours pas mal, non ?).
Remonte dans son automobile de prestige (Citroën BX break) et démarre.
Prudent, il contrôle son rétro et ne comprend pas qu’à 50 mètres de la station service, la pompe s’obstine à le suivre, accrochée qu’elle est au tuyau.
Lequel tuyau n'a pas jugé opportun de quitter le réservoir dans lequel il était fiché.
Si tu souhaites redécorer une station Tatal-Founa façon catastrophe post-moderne, j'ai l'homme qu'il te faut.

Autre exemple ?
Le Samos est un spécialiste de la Vespa. Il en a démonté et remonté des dizaines : récentes, anciennes, d’origine, transformées… il achète parfois des épaves, les retape entièrement avant de les revendre, et connaît toutes les scooters de la marque dans leur moindre boulon.
Une encyclopédie vivante de la Vespa, en qq sorte...
Il refait donc une épave.
Moteur reconditionné, peinture refaite… le scotère est comme neuf.
Avant de le vendre : essai route.
Il part faire un tour sur les quais de Bordeaux où il se fait doubler -c’est curieux et, à la réflexion, irritant- par la roue avant de son scotère, mal boulonnée pour l’occasion.
J’ignore s’il a pensé à protéger son casque, cette fois-ci…

Ce n'est donc pas sans raison (ni affection d'ailleurs) qu'on l'a surnommé :

CECONDESAM

2b7065335d125802450dc2282bd3714f.jpg
Tu noteras que le Samos fait la route sur un Rally de 1978,
le plus beau scotère du monde (le noir quelconque, c'est le mien)
Et... si t'en re-veux du Samos, y'en re-n'a : tout plein de stock
(ça aurait fait trop, j'allais pas te gâter non plus !)
Takaledir' !

Humeur du jour : pause à la maison, cool.
Zik : Isaac Albeniz – Asturias par Alicia de Larrocha -piano (Je sais, c’est la honte, rapport à la descendance d’Isaac…)
C
onclusion : even Vespa riders need Jah Love, man !

10.11.2006

Gêne et tics

Il y a quelques temps, la FéeKabossée a profité de l'analyse d'un grand moment de solitude pour nous démontrer -si besoin est-  que la moto, c'est pas fait pour les filles.

Ou, pour être exact : les filles, ça fait de la moto, et c’est bien parce que quand elles oublient de poser les pieds par terre, une fois arrêtées, ben ça devient vraiment rigolo pour les observateurs alentour.

Toutefois, force est de constater, en regardant mon passé, que j’ai moi aussi deux-trois trucs à mon passif, pas trop glorieux.
Quoique…

Il y a… environ, nous avons emménagé dans notre immeuble actuel.

J’avais alors fait l’acquisition, en plus de ma merveille (mon PX 200) d’un scooter pour Manman, en l’occurrence un PX 125 parce qu’elle-n’a-pas-le-permis-mais-c’est-pas-plus-mal-vu-que-la-moto-c’est-pas-fait-pour-les-meufs.

medium_PX.JPG
Scoot toujours !

Donc, dans la parking souterrain, je garais mon véhicule automobile de l’époque -sur mon emplacement- et mes 2 Vespa (la Vespa mienne et la Vespa sienne).

Où ça ?

"Dantonku" entends-je d’ici.

Ben pas tout à fait, quoique c’était tout de même dans un renfoncement (qui finit par sentir fort, tu le verras par la suite) afin de ne pas gêner mes contemporains dans leur allées et venues.

medium_Danton_Cul.2.jpg
Georges Danton, première victime historique de la blague "Danton Cul" (Robespierre ©)

Un jour, je descends dans le parking.
Oui, je sais, ma vie est aussi trépidante qu’une chanson de Jean-Jacques Obispo, mais je vais tenter d'instaurer un semblant de tension, je t'assure.
Ouvrant la porte, je suis aussitôt olfactivement agressé.
Ca cocotte N°98 de Shell ou n°95 de Total (jamais bien su faire la différence).

Hypothèse 1 : si c’est le chien de la voisine qui sent comme ça, il se peut qu’il ait une fin tragique sous peu, surtout si je le croise. Une occasion rêvée de se faire un VRAI hot-dog…

Hypothèse 2 : c’est encore les gamins du quartier qui jouent à Niki Lauda. Ca va encore faire des histoires avec les parents de celui qui tient le rôle de Niki…
Je précise pour les incompétents en matière automobile que Niki Lauda n’a rien à voir avec les voitures russes de piètre renommée qui font l’objet de nombreuses blagues.

medium_Nikki_Lauda.jpg
Niki Lauda, toujours un barbeuk’ d’avance !

Hypothèse 3 : il doit y avoir une autre explication car on a interdit aux enfants de jouer avec les plus faibles d’entre eux ou avec les animaux.

Bref, me dis-je avec un sens du paradoxe qui n’appartient qu’à moi : ça sent le gaz, cette affaire…

Je pénètre (oh ouiiiiiiiii) dans le parking (oh noooooooon).
Et constate avec désarroi que l’odeur provient d’une flaque de carburant qui s’écoule (en fait, c’est pas cool du tout - boom boom tssssssssing) du scotère de Manman. Lequel est à sa place, certes, mais avec une horizontalité audacieuse que perso, je n’aurais pas tenté.

Un peu courroucé par le manque de soin de Manman, je remonte lui coller une tartine, à cette souillon qui ne met pas sa béquille, non mais quelle fille ! Mais voilà qu'entre deux gifles, je perçois qu’elle plaide non coupable.

J’en rajoute une ou deux parce qu’il faut bien que j’évacue la pression, sinon j’ai des gaz. Puis je redescends faire mon enquête.
Comme tu le sais, je suis diplômé de la Derrick-Tappert University, section Maigret, spécialisation Scoobidoo.

O
r il y a, jouxtant le scotère, des débris de feu arrière. Je soupçonne aussitôt le mystérieux conducteur de la Fiat Uno du tunnel de l’Alma de venir désormais commettre ses méfaits dans mon parking mais en fait, il s’avère (t’et et des pas mures) que, selon toute logique, ça vient d’une Twingo garée en face.

Pour en avoir confirmation j’ai dû faire le travelling-qui-devient-image-de-synthèse-en-grossisant-les-éléments-de-la-pièce-à-conviction.

Pas facile sans le matos de pro, mais j’ai aussi regardé Les Experts donc je m’en suis pas trop mal sorti.

medium_Bobbit.jpg
John Bobbit, qui porte mal son nom, mais est le premier "ex-paire de Miami"

Donc, tout désigne la Twingo. Je décide d’accorder ma clémence à l’automobile ainsi mise en cause, mais de tancer son conducteur.N’en connaissant pas l’identité, je lui laisse un mot sur la portière, bien en évidence :

"Madame, Monsieur,
Que vous ayez la maladresse de renverser mon scooter, je le conçois.
Que, l’ayant renversé, vous n’ayez pas la force de le redresser, je le comprends.
Mais que vous ne fassiez pas preuve de la plus élémentaire des politesses en présentant des excuses, je trouve cela inacceptable.
Je ne vous salue pas car vous n’êtes qu’un cuistre malfaisant.
NicMo"

Le lendemain, j’avais un message sur mon répondeur : la propriétaire de la Twingo.
C’était ma voisine.

Pas genre "une voisine de l’immeuble" mais la voisine d’à côté.

Je n'ai pas eu le courage de l'incendier. On manque parfois de conviction...

Humeur du jour : un peu de mal à m’y remettre
Zik : Joey Starr – Alboume Gare au Jaguarr
Conclusion : Jah Love Be With All Vespa Riders