24.12.2007
En fanfare
Précieux lecteur cher à mon cœur, solitaire lecteuse à la main poisseuse (1)
(Avant de commencer la lecture de cette note, je te signale que la précédente a été mise à jour. Y'a une surprise vidéo à la fin qu'il n'y avait pas, à l'origine... et puis comme ça, on en a fini avec le sirupeux écoeurant à dégueuler de Noël. Ca, c'est fait.)
Il est des circonstances où l’on apprend des pans de l’histoire familiale un peu par hasard, et de manière… incongrue.
J’étais tout jeune consultant dans une World Company comme on en fait peu de cette taille.
En résumé :
- le costard, toujours ;
- la cravate qui va avec, systématiquement ;
- le discours 100% corporate, avec tout un tas de mots comme "optimisation", "processus opérationnel", "best practices", "review", "applicatif" ou "ERP"… tu vois le truc funky, quoi !
- et le malaise qui va avec et qui me bloquait complètement.
En gros, j’étais plus con que sultan et faisais preuve d’une inhibition aussi carabinée que mon désintérêt pour le job.
Ceci expliquant cela.
Or il y avait dans cette entreprise des commerciaux.
De ceux qui n'ont jamais pris de cours d'inhibition.
De ceux qui rient fort en se tapant les cuisses, pour de vrai.
De ceux qui parlent fort parce que plus il y a de monde pour les entendre, plus les gens les trouvent intéressants plus il y a de monde qui les entend.
Un jour, au sortir d’une réunion où j’avais dû prendre la parole, et donc me présenter, l’un de ces commerciaux (nous l'appellerons Simon (2)) m’interpelle :
tu t'appelles Ziggy NicMo ? J’ai connu un Mo à Tours, dans les années 70, à la faculté de médecine… Un gars qui jouait dans la fanfare des étudiants, était-ce quelqu’un de ta famille ?
Etant issu d’une famille de musiciens, cette hypothèse n’était pas exclue…
Renseignements pris auprès de ma génitrice, il se trouve que oui, mon oncle Jan-Clôd (frère de mon père) a bien fait partie de cette fanfare -glorieux précédent, dont j'aimerais m'inspirer, et pas seulement pour la fanfare et le tuba, tu vas comprendre- dans ses années étudiantes.
Précision : Jan-Clôd, à sa grande époque, j'ai l'impression que c'était un peu Queutard du Calecife, à jouer gagnant dans la 4ème, ou tout au moins classé, dès qu'il s'agissait de bon-vivance plus que de prévoyance, n'en déplaise à Jean-Marie Proslier qui prêchait le contraire.
Bref.
J’oublie un peu l’affaire et vaque à mes missions de merde ma vie épanouissante.
Quelques semaines plus tard, je croise Simon, dont l'allure n’était pas sans rappeler celle d’un Sébastien Chabal glabre, habillé par Armand Thiery et muni de mocassins à glands qui annonçaient la couleur, si je puis dire.
A côté de la machine à café, je le reconnais (Rappel : c'est la deuxième fois que je le vois, de toute ma vie) et lui confirme que oui, c’est bien mon oncle qu’il a croisé à Tours quelques années auparavant.
De ma part, une sorte de conversation sociale, de complaisance et sans grand intérêt… comme une politesse due à un collègue que par ailleurs je ne côtoie pas, même professionnellement.
Là son regard se perd dans le vague… il n’est plus dans le présent, il est de re-Tours dans sa jeunesse… mais rapidement, le naturel revient, et le volume sonore avec.
Il s'adresse gars qui l'accompagne et lui dit, texto, me désignant de la main :
"Ah ! Quand je le vois, là, NicMo, c'est comme un voyage dans le passé.
Je revois son oncle.
Un vrai retour en arrière !
Ah ! Avec son oncle, on en a fait, des fêtes !
On s'est mis de vraies mines ! Ah, ça ouais ! On a bien rigolé !
Et combien de fois on a fini Chez Simone, à poils sur le bar, en train de se faire sucer !!!!!"
J'ai tout de suite senti que ça allait m'aider, pour mon intégration…
Humeur du jour : une otite m'empêche de penser correctement, ou de dormir. Ca fait VRAIMENT mal. Du coup, je ne dors pas, et je pense un peu comme une fille… en terme de rapidité, hein, pas de contenu.
Zik : Wax Tailor - The Party. Je sais, je l'ai déjà mentionnée, mais ça tourne en boucle. Cette voix m'envoûte.
Conclusion : on peut donner du Jah Love sur le bar Chez Simone, à Tours.
(1) Ben voui, c’est la note "sexe" du lundi, ou bien ?
(2) Le père d'une amie appelle tous les amis de sa fille Simon. Ca lui simplifie le travail et il est certain de ne pas en froisser parce qu'il a oublié son prénom : il ne les connaît pas. On est tous des Simon. Je lui emprunte cette feinte.
23:50 Publié dans Consonne... Q ! | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : démarrer un koala avec un burin, mettre une culotte à Vanessa Demouy, chez Simone, histoires de famille, se faire sucer sur le bar |
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