15.03.2010

On va s'instruire un peu, avant que ce ne soit plus possible.

Précieux lecteur cher à mon cœur, incarcérée lecteuse à la toison pileuse,


Dans cette note : l'expression d'une certaine inquiétude. Voire d'un courroux qui me ferait passer pour une personne atrabilaire, alors que non, en fait.
ET UN NOUVEAU SURNOM POUR NOTRE PRESIDENT (que n'y ai-je pas pensé plus tôt ?)


Je ne sais pas si tu lis ma prose depuis un bout de temps.
Si oui, tu as bien raison, et sinon, tu peux toujours prétexter que tu survis en Région, une zone géographique où l'électricité n'a pas encore montré son utilité face au gourdin servant à chasser l'écureuil.


Depuis la campagne de Périnée Ier, en 2007, j'ai exprimé ma crainte de voir la Justice péricliter et faire l'objet d'une mise à sac par l'exécutif.
La Justice, c'est comme les hôpitaux : on s'en fout, jusqu'au jour où on en a besoin, et où on se rend compte que rien ne fonctionne... mais avant, jamais on n'irait manifester pour cette cause.
Notre Nanisme Irradiant le sait bien et œuvre donc dans le sens d'un démantèlement méthodique depuis son avènement au pouvoir.

Ca a commencé par la nomination de Dati Von Teese, qui gardait pour elle ses bonnes idées au lieu des sceaux que la République lui avait confiés.

De démission de directeur de cabinet en décision inepte conduisant à des grèves et blocages, on a pu constater qu'elle s'était mis à dos non seulement toute la gamme des robes de soirée de Dior, mais également l'ensemble des intervenants de son domaine (avocats, juges, auxiliaires de justice et même élus locaux -de gauche, mais n'y vois pas malice- à qui on a supprimé leur tribunal de manière arbitraire).

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Rachida Dati arrivant à Strasbourg en costume traditionnel, pour faire bonne mesure.
Dior Couture, le costume... (quand même !)

 

 

Hélas !
On sait désormais que Dati Von Teese n'était, si je puis dire, que la première MAM du rasoir UMP sur la Justice.

Maintenant que nous bénéficions des aptitudes de la sémillante Michèle Alliot-Marie, nous avons la chance de nous voir proposer  la suppression du juge d'instruction, pour une "justice plus fluide".


Hum.


Reprenons.
Depuis le IIIème siècle avant Carliton Ier, empereur de la talonnette, Montesquieu a théorisé l'équilibre nécessaire entre
- le pouvoir exécutif (le gouvernement, actuellement aux mains de la droite),
- le pouvoir législatif (le parlement qui répond aux ordres attentes de l'exécutif de droite aussi promptement et souvent que Frédéric Lefebvre dit une connerie, et à qui il faudrait rappeler que la couleuvre est une espèce protégée et qu'il faudrait arrêter d'en avaler par paquets -fiscal- de douze)
- le pouvoir judiciaire (la Justice, théoriquement indépendante).

Cherche l'erreur.


Celui qui l'a tout de suite vue, l'erreur, c'est notre président Ray-Ban des Bois*, qui aime prendre aux riches pour redonner aux riches en faisant croire aux pauvres qu'il ne peut pas faire autrement.
Indépendante ? La Justice ?
Mouais, pas vraiment.

Mais trop quand même.
Alors il a voulu tout mettre en œuvre pour que l'once d'indépendance qui restait puisse disparaître, à petit feu.


Le juge d'instruction disparaît.
- l'enquête et l'opportunité des poursuites sont confiées au magistrat du parquet (le procureur, donc)... qui dépend du ministère.
- MAIS, GARANTIE ULTIME, ledit procureur aura l'obligation de désobéir si le ministre lui donne l'ordre de ne pas ouvrir une enquête, ce qui, nous dit-on, n'arrivera pas (cherchez la logique).
Précision : seuls les ordres écrits comptent, hein.
Les demandes orales, c'est maison magique, ça n'existe pas

- les délais de prescrition seront revus à la baisse : seule comptera la date de l'infraction et non la date de la découverte de l'infraction.


Je te le dis comme je le pense : on veut nous la faire à l'envers.


Je demande à voir :
1. Un procureur qui désobéirait à la main qui le nourrit mais qui décide également de l'évolution de sa carrière.
2. En cas de désobéissance, nul doute qu'une enquête serait alors ouverte. Enquête qui serait donc confiée à ?... un autre procureur, donc, qui aurait obligation de désobéir, si... et ainsi de suite jusqu'à trouver un procureur conciliant.
Elle est pas belle la vie ?
Le syndrome de la Vache-Qui-Rit (elle porte des boucles d'oreille dans lesquelles on voit uen Vache-Qui-Rit qui porte des boucles d'oreille dans lesquelles on voit une Vache-Qui-Rit, etc.) appliqué à la vie judiciaire ;: mortel !
3. Pour couronner le tout, on met en place de nouvelles règles pour la prescription : le point de départ de la prescription est la commission du délit, pas sa découverte... ce qui a pour conséquence que toutes les affaires de financement illégal, de prises illégales d'intérêts, les abus de biens sociaux, les délits d'initiés... tous les délits financiers, en gros, passent à la trappe. L'affaire ELF, les frégates de Taïwan... rien ne peut même être examiné par le procureur car on les découvre trop tard.
Pour les délits politiques : les faux électeurs de Jean Tibéri, par exemple, c'est la même.
Dès qu'il faut, pour découvrir l'infraction, que l'auteur ait quitté ses fonctions... c'est une protection DE FACTO apportée à tous les patrons, à propos desquels il faut se souvenir que Ray-Ban des Bois disait qu'il fallait leur épargner la judiciarisation exagérée de leur activité.

Ah, ben là, ils sont peinards, les gars : il suffit qu'ils tiennent en place six ans, et on ne peut plus les inquiéter.


Tiens, imaginons...

Imaginons un patron qui prêterait son yacht et son avion -pardon, le yacht et l'avion de sa société- à un homme politique, sans contrepartie (l'homme politique insiste, considérant que ça le dédouane).
Ceci constitue un abus de bien social caractérisé, puisque la société propiétaire du yacht/de l'avion n'en tire aucun bénéfice.
Imaginons -toujours pour le plaisir du raisonnement : qu'on soit d'accord, dans une démocratie, cette situation ne serait ni acceptable, ni acceptée- imaginons maintenant que l'homme politique se fasse élire pendant une dizaine d'années.

Il ne pourrait plus être poursuivi à la fin de son second mandat pour ces abus de bien sociaux, même si un procureur sacrément fripon le voulait.

CQFD.

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Délinquant financier s'apprêtant à signifier son manque de crainte à un procureur
(allégorie)

 

 

*Ray-Ban des Bois, voilà le nouveau surnom...


Humeur du jour : flap ! flap ! flap ! (le bruit de la fessée reçue par l'UMP me réjouit, je dois avouer...)
Zik : Shakaponk - How We Kill Stars, parce que ça me réjouit, ça sonne festif comme du Silmarils mêlé d'Enhancer...
Conclusion : pas de réforme, ni de prescription pour le Jah Love.


Et demain ? : demain, tu partiras te reposer en Guadeloupie si tu te démerdes bien.