13.10.2006

Des souris et des hommes

Il m’arrive parfois de m’interroger sur la loi qui régit la transmission génétique.

Il m’arrive parfois d’être impertinent.

 

Si tu as un tant soit peu de jugeotte (ce qui n'est pas évident, vu que tu perds ton temps à me lire...), tu combines les deux et tu comprends que je me demande parfois pourquoi mon fils fait preuve de… goût pour la provocation.

 

medium_Nike_la_police.JPG
Achille à l'évocation du mot "Police"

 

Perso, depuis tout petit, j’ai toujours eu un peu de mal avec l’autorité. Mais je me suis débrouillé avec.

 

Par exemple, en Terminale, comme dans une chanson de Vincent Delerm, je me suis retrouvé délégué de classe. J’étais alors pensionnaire dans un établissement fort strict, tenu par des maristes (et saches, lecteur qu’avec les maristes, finalement, on est pas loin des Jean-Maristes…). Si j’avais été élu ce n’était pas pour des résultats scolaires pour le moins médiocres, mais juste parce que j’avais la verge la plus impressionnante qu’ils avaient jamais vue, et je parle de la promo, hein, pas de la classe j’avais une grande… bouche (et verge aussi. Bon, OK, je suis lourd…).

 

Toujours est-il qu’en fin d’année, à la recherche d’une idée à la con que j’aurais été le seul à oser progressiste et séduisante, j’ai effectué une quête dans ma classe et demandé aux autres délégués de faire de même.

 

Quelques jours avant la réalisation d’un plan dont l’audace ferait passer une Raffarinade pour… ben… de la merde… mais c’est ce que c’était… je ne suis pas très pertinent avec mes exemples ce soir… je vais simplifier.

 

medium_Reviens_JP_on_deconnait.3.jpg
JP, si seulement tu savais comme tu nous manques !!!

 

Donc, on avait un plan génial, hyper audacieux-ch’te-f’rais-dire et voilà qu’ils nous foutent des physio vigiles à l’entrée du collège/lycée.

Putain, nouveau dress code : "pas d’jean, pas d’baskets", ou bien ?

Non non, et même si l’établissement était du type privé, comme les soirées où, donc, on te refuse l’entrée sous ce prétexte vestimentaire, ils ne faisaient que contrôler les sacs. Car ils avaient été avertis par un abruti qui aurait fini tondu à une autre époque un parent d’élève -UMP c’est certain- de notre dessein.

 

Et nous voilà donc avec nos 200 souris blanches (Ah ! Oui… j’oubliais… avec les sous, j’avais acheté 200 souris, tu vas comprendre… -ou alors tu files sur un Skyblog-) qu’on ne peut faire rentrer.

 

medium_Souris_pour_la_photo.jpg
Les nôtres, elles avaient aussi plus de dents et moins de molettes 

 

On a pensé les cacher dans les sacs, mais ils étaient fouillés.

On a pensé les faire entrer une à une, tenue en laisse comme animal de compagnie (genre un club, quoi) mais ils avaient l’air de savoir ce qu’ils cherchaient.

On a pensé les tondre. Car chauves, elles sont une espèce protégée (le terme est d’ailleurs on ne peut plus mal choisi parce que si tu veux mon avis, t’es bien plus protégé avec des poils que chauve, mais je digresse encore) puis les faire arriver par les airs.

Mais finalement, on s’est dit que l’atterrissage n’était pas gagné et que la différence entre la souris qui se fait la raie au milieu (du crâne. Pas de mauvais esprit là-bas. Non non, pas le genre de la maison, non non) et celle qui est chauve comme une cantatrice de Ionesco, tenait peut-être à plus qu’à un coup de sabot de 0 mm.

(Et j’en profite pour rappeler à tous les Harry qui me lisent que Ionesco n’est pas une organisation internationale destinée à venir en aide aux enfants).

On a pensé les introduire dans les parties intimes des filles, mais c’était pas gagné, vu que c’était pas mixte. Et trouver une prof pour faire 200 allers-retours, c’est pas easy job… déjà que traverser le couloir…

 

medium_Comment_on_a_ete_malin.JPG

 

Donc, les portes ayant été cerbérisées, on fait rentrer les souris par… les fenêtres des chambres de l’internat qui donnent sur la rue. Un peu sport mais on l’a fait.

Et dans un grand happening culturel et vindicatif à la fois, ivres de l'absence de raisonnement de l’adolescent qui se tire un peu trop sur le nœud, et du pouvoir divin que nous avions chèrement acquis, nous avons relâché 200 souris blanches dans le dernier étage d’un bâtiment qui en comportait sept.

 

Des étages.

 

Parce que des souris, il en comptait plus de 200, désormais.

Tu le croiras ou pas, mais les père maristes, ça ne les a pas fait marrer du tout. Comme quoi…

 

 

Autre exemple, quand je me suis fait arrêter pour "inobservation d’un signal lumineux intermittent de couleur rouge prescrivant l’arrêt complet" par un Harry-simple-flic. J’étais à bicyclette.

 

- Vous avez vos papiers ?

- Non, je ne les ai pas, je suis juste sorti chercher ma fille chez l’assistante maternelle et je rentre chez moi.

- Bon, ben on va au commissariat.

- (regardant ma fille dans le siège bébé) Non, ça va pas être possible, là. En plus, j’ai les deux autres à récupérer…

- Y’a quelqu’un chez vous pour vérifier votre identité ?

- Non, personne.

- Votre femme…

- Non, elle travaille

- Vous n’avez pas des amis… ?

- Si, j’en ai quelques uns, mais, pas de bol, aucun n’habite chez moi…

Et c’est là, je crois, sur cette remarque qui m’a échappée, que j’ai perdu la chance d’échapper aux 90 euros. Et aussi en grillant le feu.

Un petit peu.

Et la génétique ? Me demanderas-tu ?

Ben vas-y, demande…

 

 

 

?

 

 

 

Je savais que tu allais me le demander !!! Je suis trop fort.

 

Eh bien, en me remémorant ce sombre épisode de mon passé récent, m’est revenu en mémoire certains parallèles avec Achille, mon fils.

 

L’année dernière, en CP, j’ai été convoqué par la maîtresse (la sienne, pas la mienne). Motif : il avait obtenu 10 feux rouges (là, je lui ai mis 900 euros de retard de paiement sur son argent de poche. S’il se tient strictement à son plan de remboursement, il ne me devra plus rien en 2014. Je trouve ça structurant, comme sanction… au moins d’un point de vue comptable).

 

Et si je remonte  plus loin dans le temps… Quand il était à la crèche, tous les soirs on passait devant le commissariat de Police, en sortant.

Oui je sais, ça n’a pas de sens d’écrire quand il était à la crèche vu que si l’action se déroule en sortant, on n’y est plus.

 

Ce à quoi je me permets de rétorquer : "certes".

 

Mais si tu recommences, ça se finiras avec un soufflet dans ta face, et un rendez-vous au Pré-du-Chanoine, avec tes témoins, à l’aube, Mamy, l’aube Mamy-mamy blues…

 

Donc, on passe devant le commissariat avec, tu sais, le gars, là, devant, avec la mitraillette qui fait la plante bleue à l’entrée (ben oui, plante verte, pour un policier, bonjour le réalisme de la description !!! rôôô l’aut’)

Y'a toujours un gars qui fait le planton...

 

Et bien tous les soirs, sans que jamais je ne lui aie demandé (sur le Coran de Noël  ma Mère) il se plantait devant le planton, les points sur les hanches afin de lui mettre les poings sur les i (à moins que ce ne soit l’inverse), il le regardait droit dans les yeux, lui faisait un beau sourire enjôleur et poli et lui lançait un très franc :

 

 

 

- Bonjour Madame !

 

 

Plaisir d’offrir, joie de recevoir… c’est notre devise.

 

Humeur du jour : Lapin d’Alice (au Pays des Merveilles : la TV gratuite, téléphonie et téléphone illimités… quand ça marche). So many men tasks, so little time

Zik : en attente d’un titre d’Israel Vibration qui m’a été conseillé récemment.

Conclusion : toujours se méfier du côté bleu de la force (de l’ordre)