09.02.2011

(Pourtant quelqu'un) MAM dit...

Précieux lecteur cher à mon cœur, tunisienne lecteuse à l’épiderme de gueuse,

 

Dans cette note : une ambulance (MAM) qui se fait Ali-gner (comme on dit là-bas). Mais c'est fort injuste, ce dossier uniquement à charge...
Rien de moins

 

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Préambule
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Depuis la campagne pour la dernière élection présidentielle, j’ai exprimé mon inquiétude de voir le service public de la Justice se faire démanteler peu à peu… ce qui est, hélas, arrivé et que l’affaire Tony Meilhon nous rappelle cruellement.

Cruellement, mais moins qu’à la famille de la victime.

Voilà donc nos magistrats, excédés une fois de plus d’être désignés comme bouc-et-misère par l’exécutif, qui se sont mis en grève.
Nos dirigeants se sont donc prononcés avec la sagacité qui est la leur et j’ai eu grand plaisir à prendre en note leurs déclarations solennelles et à les mettre en perspective :

- Ray-Ban des Bois
: "vous comprendrez qu'à Varsovie, comme dans les autres capitales, je ne ne parle pas des affaires intérieures sur lequel je me prononcerai à mon retour" ;
- François Fillon : "…ces mesures de contestation que nos concitoyens n'ont pas compris"...
Ray-Ban des Bois, toujours sur ce même sujet : "s’il y a des fautes, elles devront être sanctionnées".

A espérer qu’il ne parlait pas des fautes de français, sinon, m’est avis qu’à Matignon et à l’Elysée, certains vont copier des lignes…

 

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Fin du préambule
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Passons maintenant à l’ambulance de la semaine : Michèle Alliot-Marie.
Michèle, je t’aime.
Sans Frédéric Lefebvre, Nadine Morano et toi, la vie serait tellement terne...


Acte 1 : on te reproche d’avoir soutenu jusqu’au bout le dictateur Ben Ali
Notamment en lui proposant l’aide des forces de police pour "mater la rebellion" comme dirait Akhénaton.

Pas celui d’Egypte, celui d’IAM, le groupe de rap (mais si, tu sais, cette musique qu'on écoute autour d'un bon feu de voiture....).

Si on a traduit  MAM en "Matraquons Abondamment les Maghrébins", c’est qu’en fait, tes propos ont été "sortis de leur contexte et mal interprétés".
Oui, parce que dans la BAEG (Boîte A Excuses du Gouvernement), tu as tiré au sort "mes propos ont été sortis de leur contexte et mal interprétés".
Comme Brice Hortefeux avec son Auvergnat, ou Frédéric Lefebvre avec tout ce qu'il dit.
Au départ, tu avais tiré "c'est la faute des 35 heures" mais Fillon a refusé, de peur de voir Copé débarquer dans le débat.
Quant à "c’est la faute du laxisme de ces fainénants de gauchos de des juges", on avait retiré la carte sur demande du Passe-Partout élyséen.  

 

Acte 2 : on te reproche de passer tes vacances de Noël en Maghrébie Tunisie alors déjà troublée.
Toi, en revanche, ne l’es pas du tout quand tu rétorques à David Pujadas que la révolution n’avait pas commencé entre Noël et le jour de l’an, quand tu y étais.
Euh... Mimi... faut qu’on te dise un truc : Mohammed Bouazizi s’est enflammé (1) comme une déclaration de Frédéric Lefèbvre le 17 décembre, déclenchant les manifestations à Sidi Bouzid le 22... qui sont signalées par les journaux français le lendemain...
Curieusement, David Pujadas, avec la pugnacité rageuse qu’il met dans toutes ses questions, n’est pas revenu sur ce problème de chronologie...
Pourtant, il n'y est pas allé par 4 mains mortes, le David : "vous avez eu beau temps ?" suivi du très insolent "souvent, il ne fait pas trop chaud à cette période..." pour conclure par un cinglant "mon beau-frère y est allé en all-inclusive, il m'a dit que c'était super"
Tu t'es TRES BIEN sortie de cet entretien-piège, Michèle.

 

Acte 3 : on te reproche d’avoir profité de l’avion d’un homme d’affaire tunisien proche du pouvoir dictatorial.
Alors, là, tu m’épates complètement par la justesse de ta réponse :

Scène 1.
C’est un ami, et, qui plus est, une victime du régime.
C’est juste que t’as eu du bol : c’est la seule victime du régime qui a été condamnée à posséder un jet privé.

Scène 2.
Cet avion, il était là par hasard, quand tu es descendue du tien, avec ton alibi matrimonial époux Patrick Ollier, moteur chaud (l'avion, pas Patrick Ollier) comme Nadine Morano à la fête de la merguez libérale, et il allait -comme la nature fait bien les choses !- dans le même bled que toi.

Là encore, mon coeur balance : chance insolente ou talent pur ?
Il va sans dire que dans ton cas, la deuxième solution s'impose.

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Poupée MAM.
(existe aussi en uniforme TUNISAIR)

 

Scène 3.
On n’est pas ministre quand on est en vacances...

Alors là... c’est le couscous boulette.
Je me rappelle François Fillon disant le contraire sur l’antenne du service public radiophonique il y a quelques mois...
Aïe !

Scène 3 bis.
On n’est pas ministre quand on est en vacances... mais finalement, si !

Sauf que finalement, tu te rattrapes habilement en disant que tes propos ont été sortis de leur contexte, et mal interprétés (même tirage au sort dans la BAEG): on est BIEN EVIDEMMENT ministre 365/24.
Mais alors, là où vous m’épatez, c’est qu’une fois que vous avez fini votre journée de ministre (qui dure quand même 24 heures par jour tous les jours, ce qui fait de belles journées, faut reconnaître), vous trouvez le temps d’être
- maire de Bordeaux (Alain Juppé),
- Maire de Saint Quentin (Xavier Bertrand),
- Président de l’OPAC du Rhône (Michel Mercier),
- vice-président de la communauté urbaine de Bordeaux (Alain Juppé, encore),
- maire de Troyes (François Baroin),
- maire de Chaumont (Luc Chatel),
- maire de Nice (Christian Estrosi) etc.
..
La noblesse de votre sacrifice n’a d’égal que la pureté de l’abnégation qui est la vôtre.
Rien à dire (2).


Acte 4 : on te reproche alors d’avoir repris le jet privé, pour un autre déplacement lors de ton séjour.
Alors là, pour leur rabattre le caquet, il suffit de leur rappeler que le pays était alors très secoué, ce qui semble bien normal quand on place au ministère de l’Intérieur un Maghrébin : après tout, ces gens-là ont l’habitude d’être de l’autre côté de la matraque, ça fausse leur perception, ils sont tout perdus...
En outre, tout le monde n’a pas la chance d’avoir à ce poste une personne ayant l’envergure et/ou la classe et/ou l’efficacité de Brice Hortefeux pour tenir un pays.

Pour toutes ces raisons, il me semble important
- de manifester mon soutien total à ton maintien au poste de Ministre des Affaires qui lui sont Etrangères.
- de rappeler qu'on est, comme l'a dit le président, dans le cadre d'une République irréprochable, et d'une équipe gouvernementale de professionnels.

 

Humeur du jour : me suis fait violemment mordre à l'épaule droite.
La douleur le partage désormais à l'amusement : peu de gens peuvent dire "je me suis fait mordre par le directeur de mon établissement" sans mentir.
Zik : Johnny Cash + Cypress Hill = Everlast - Folsom Prison Blues. Une tuerie géniale.
Conclusion : en cas de dépression du pays, des masques à Jah Love tomberont automatiquement à votre portée.

Et demain ? : je ne sais pas, chouchou, je ne sais pas... François Fillon en Egypte, peut-être ?

 

(1) J’aime le mimétimse ches les journaleux.
Il y en a un, un jour, qui s’est dit "putain, je connais un mot rare, faut que je l'utilise". Mais comme il avait la charge des pages "sport local" du Dauphiné Libéré, "immolation" n’était pas facile à placer.

Il l’a soufflé à son confrère de la rubrique "politique internationale" lequel a fait un Scrabble avec et l’a utilisé à tout bout de champs (et les champs, c’est pas ce qui manque en régions).
Les autres ont suivi.
Petit rappel : l’immolation est l’acte de sacrifier une vie, humaine ou animale. Si l’action est plus ou moins réfléchie, le verbe, lui, ne l’est pas forcément. On peut, cher journaliste, immoler quelqu’un d’autre que soi. On peut immoler un chaton ou un centriste, pour peu qu'on soit doté d'un certain sens de l'humour.
Et surtout, on peut immoler avec un couteau, un sabre, une pierre, ou, pour les plus patients, une gomme rouge et bleue (je conseillerais alors le côté bleu, plus dur). L’immolation n’a rien à voir avec le feu.