02.09.2009

Chut... un Louis dort...

Précieux lecteur cher à mon coeur, endeuillée lecteuse qui fait la veilleuse,

Dans cette note : la reprise d'une note datant de nov. 2007, qui s'intitulait "Liquidation totale : -40% sur l'humour". Cette histoire vient de connaître son épilogue aujourd'hui. Mon coeur saigne. Louis est mort.


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Précieux lecteur cher à mon cœur, jolie lecteuse qui joue à la trayeuse,

Il y a 18 ans et 2 mois, j'ai pénétré pour la première fois dans une chambre sombre et aussi basse de plafond que l'auteur de ces lignes au moment où ils les écrit.
J'étais tout seul et j'avais une valise à la main.
Et dans cette chambre, il y avait un type, venu là avec ses parents.
Le type, c'était Tom.
Et ses parents, c'étaient les parents de Tom
.

Avec Tom, on a partagé la chambre pendant un an.
C'est un peu le principe de l'internat.
Et on est devenus des potes.
Des vrais.
18 ans que ça dure.

Tom, il est un peu rêveur, un peu distrait, un peu poissard, aussi : il trimballe avec lui une capacité anticyclonique qui ravirait toute pétasse souhaitant bronzer, mais qui nuit à l'épanouissement du véliplanchiste qu'il est.
Il a tout un tas de qualités dont il a probablement hérité de ses géniteurs et d'autres qui lui sont propres, mais je ne les exposerai pas ici.

Ses parents (ceux qui l'avaient accompagné dans sa notre chambre cette veille de rentrée scolaire, si tu suis un peu), c'est Louis et Maritou.

Physiquement, c'est un peu Obélix et Bonemine.

Louis est grand, met sa mère à n'importe quel quintal et a des mains de pianiste, pour qui aime jouer du piano en enfonçant 4 touches à la fois.
Ca donne un style particulier et très différent de celui de Maurizio Pollini (non, ce n'est pas celui qui fait les kits du même nom, Yojik !).
D'ailleurs, en écrivant ces lignes, j'en viens à me demander si c'est pas lui qui s'est assis un jour sur Petrucciani...

Louis a une grosse voix, un gros appétit, des capacités intellectuelles hors norme, une faculté d'explication/vulgarisation bluffante et un humour ravageur.
Il en faut probablement autant pour diriger une cimenterie de dimension mondiale, comme il l'a fait.

Un exemple pour illustrer le personnage : le petit frère de Tom -Pôl- revient des résultats du baccalauréat avec la possibilité de passer le rattrapage avec le max de points à repêcher (46, je crois me souvenir).
Louis fait alors le serment suivant à l'apéro: "si mon fils a son bac, je vais à Lourdes en vélo !" (départ de Seine-et-Marne).
Le fiston fait preuve de malice et d'ingéniosité et parvient à obtenir le diplôme.
Louis va chez Des Quat' Longs s'acheter un maillot Richenque Virard (ils n'avaient plus de Dorade l'Exportatrice) et une bicyclette de compète.

Et quand le curé du village vient le voir pour lui proposer de le "relever de ses vœux", il lui réplique :
"Mon père, ce n'est pas un serment, c'est plus sérieux que ça, c'est une promesse d'ivrogne".
Me vient aussitôt à l'esprit cette soirée dans un restau parisien, la veille des résultats de mon école.
"Si je suis diplômé, Louis, vous accepteriez que je vous accompagne à Lourdes ?"

C'est comme ça qu'on s'est retrouvé à sillonner les routes de Seine-et-Marne comme des crétins ayant prononcé des paroles inconséquentes, moulés dans des tenues, faut vraiment être con comme un bulot Richenque Virard pour ne pas se trouver ridicule, là-dedans.
Le conseil du patron : réfléchis VRAIMENT avant de lancer des tucs comme ça...

Maritou, à côté, c'est Bonemine.!
Physiquement, seulement, hein.
Parce que c'est pas la peine de chercher une once d'acariâtritude (©S. Royal) en elle, il n'y en a pas plus que de bouquins de Kierkegaard chez Loana.
Elle est aussi menue et discrète que Louis présente une constitution d'enclume.

Louis et Maritou, c'est simple : ils sont unis depuis… pffft. Et ils sont plus sincèrement gentils que des chatons cro meugnons qui seraient gentils… heu… je ne sais pas, je ne fréquente que des méchants, en comparaison !

Un jour, ma vie a fait que je me suis fâché avec la moitié de mes parents.
En l'occurrence, plutôt la moitié masculine de mes parents, ce qui m'a valu, dans un premier temps, beaucoup d'emmerdes, et plus  récemment la souscription à un abonnement chez une psy qui m'hallucine, (à l'occasion, fais-moi penser à ne pas te raconter ma psy, parce que c'est trop perso).

Et donc, quand j'ai décidé que j'étais vraiment un fils de connard dont je pouvais me passer (si, si, cette phrase a un sens), j'ai quitté un peu précipitamment le domicile familial et… disons avec euphémisme que financièrement, j'étais un peu comme Pat Bruel au terme d'une partie de poker.
Sauf que moi, j'aurais même vendu les lunettes noires (Les mêmes que celles à Magloire. Ou à Berluskozy, t'façons, ils ont les mêmes goûts, alors...).

Louis m'a un jour pris à part et m'a dit : "NicMo, si t'as besoin de quoi que ce soit…blah blah blah".
Ce jour là, j'ai su que non seulement je m'étais trouvé un père d'adoption, mais que je n'avais pas perdu au change.

Et il a toujours été là.

A chaque coup dur dans ma vie, il était présent sans jamais s'imposer (c'est un art que peu maîtrisent), disponible et juste dans ses analyses et ses solutions.
J'étais toujours le bienvenu chez eux.
Quelquefois, même, ils nous demandaient de nous arrêter sur le chemin du retour de notre w-e pour qu'ils puissent voir les enfants et discuter un peu.
On le faisait volontiers.
On a passé des vacances ensemble, dans un endroit étonnant de l'île d'Oléron…
Il nous a emmené faire du bateau.

Et puis un jour, avec Manman (qui partage tout à fait mon opinion pour toute la famille M. : Louis, Maritou, Tom, LN et Pôl) on a trouvé la formule idoine :

QUAND JE S'RAI GRAND, J'VEUX ETRE LOUIS M.

Sous cette boutade perce une profession de foi, une véritable ambition et la reconnaissance d'une générosité dont on a bénéficié et dont on se sent comme redevable.
A laquelle on veut être fidèle.
Enfin, quelque chose comme ça...

J'ai eu Tom tout à l'heure au téléphone [ndr : en nov 2007, donc].
Dans son match contre Louis, le crabe marque but sur but, ce bâtard.
Louis va très mal.
Depuis que j'ai raccroché, j'ai tellement les yeux qui piquent, je crois que je vais me lyophiliser de l'intérieur si je continue… un peu comme si j'avais mangé 300 grammes de moutarde, mais par le nez...

Pour la poilade, ça t'embête si on remet ça à plus tard ?
Je préfère aussi.

Humeur du jour : en plus, Klarsfeld va être décoré de l'Ordre National du Mérite !!! Je voudrais qu'on m'explique POURQUOI ?
Zik : Fauré, Mozart, Verdi, Brahms, Gounod, Dvořák… j'anticipe, certes, mais je veux éviter qu'on propose le requiem de Gainsbourg qui serait TOTALEMENT DEPLACE !
Conclusion : mes sanglots longs qu'accompagnent le Jah Love, font de mon coeur une bien vide alcôve…

Conclusion bis : vas-y ! Fais-moi rire, maintenant !

 

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Voilà.
Je n'en changerais pas une ligne. D'où le copier/coller.

Exceptionnellement, les commentaires sont fermés (et ceux de la note précédente devront attendre un chouïa).
Tu comprends ?

Merci.