30.09.2009

Max contre Mary : les arbitres s'expriment

Précieux lecteur cher à mon coeur, arbitrale lecteuse dont la correspondance est foisonneuse,


Dans cette note : aux chiottes l'arbitre ? Justement ! On va le suivre jusque là !


J'écrirais dans les Cahiers du Cinéma, je pourrai utiliser des phrases telles que : dans cette oeuvre unique et décalée, on retrouve la vigueur fellinienne de la dénonciation des travers humains, avec en plus le sens du parallèle merveilleusement incarné par le néo-réalisme des réalisateurs indonésiens entre-deux-guerres, ou le clair-obscur tient lieu de paravent fantasmé des symboliques atypiques et néanmoins paradoxales propres à notre époque.

Oui mais voilà : ils ne m'ont pas engagé, aux Cahiers du Cinéma.
Sans doute parce que je n'y vais pas, estimant que payer près de 10 euros pour faire une sieste inconfortable dans un environnement trop bruyant n'était pas forcément le meilleur plan du monde.

En deux flims, tout s'écroule : je ne dors plus, et je kiffe ma race.

Aujourd'hui, je te parle du premier des deux.


Enculé, bâtard et fils de pute sont probablement les premiers mots qui viennent à l'esprit du citoyen raisonnable à propos de l'attitude d'Hortefeux en manière d'Arabes auvergnats d'Internet électronique responsable d'un complot contre le gouvernement entendus par les arbitres de football sur tous les terrains du monde et dans toutes les langues.

Les arbitres de football ont tout de même une passion/métier drôlement particuliers :
- ils sont détestés des joueurs ;
- ils sont méprisés des spectateurs ;
- ils sont observés à la loupe par leur pairs ;
- ils sont les seuls à ne pas faire mumuse.

En gros, leurs décisions ne seraient écoutées par personne, ils seraient un peu des Bernard Kouchner.

Pas de quoi en faire un flim.

Sauf que...


Sauf que l'UEFA a voulu faire connaître l'arbitrage et qu'elle a commandé un documentaire qui a échu à l'équipe de Strip Tease.
Oui, Strip Tease, l'équipe belge qui montre sans commentaire le gars qui fabrique sa soucoupe volante dans son jardin, ou le prêtre-boulanger-astrophysicien-vendeur de steppers M6 Bitouque.
Et ça, c'est ta chance, la caution Strip Tease.

Quand Strip Tease se penche sur les arbitres, le résultat est EXCELLENT : raconter l'histoire d'hommes sous pression.


Bien entendu, certains individus, tels Vagal Kärcher, sont peu enclins à l'erreur et n'ont donc rien à tirer (ni à secouer, probablement) d'un tel documentaire.

Pour les autres, qu'ils s'intéressent ou pas au football, c'est passionnant.

J'insiste : ce n'est pas un flim destiné aux fans de foot
Les histoires racontées dans Strip Tease ne s'adressent-elles qu'à des constructeurs de soucoupe volante perso ?
La réponse négative est évidente et c'est tant mieux.

On voit l'avant, le pendant et l'après de matches de l'Euro 2008.

1. Avant : concentration, préparation, communion de l'arbitre de champ et de ses assistants ;
2. Pendant : le dialogue entre les protagonistes. Et parfois les erreurs dont ils se rendent compte. Ne pas céder au doute, continuer parce qu'il le faut bien ;
3. Après : débriefing, y compris avec les instances de l'UEFA. Evaluation déterminante pour la suite de la carrière d'arbitrage, le retour au pays... ou la poursuite de la compétition.

Et même : autour du match, car les arbitres ont aussi une famille, qui regarde le match uniquement par le prisme déformant de l'arbitrage.
Peu importe à l'épouse le gagnant du match Pologne-Autriche : seule lui importe la qualité des décisions qui détermineront le résultat, et aussi que le maillot porté par Monsieur mette en valeur une plastique par ailleurs plutôt avantageuse.
A noter également : une erreur de son arbitre de mari aura pour conséquence que des Polonais mécontents viennent rôder autour de la maison.


J'ai aimé : le fait qu'on se détache du football.
La dernière fois que j'ai constaté ça, c'était avec "When We Were Kings", sur le combat Mohammed Ali vs. George Foreman en 1974 à Kinshasa.
Ce flim dépasse de loin le film de boxe, pour se rapprocher d'une étude psychologique sur les combattants, leurs sources de motivation, et plus largement, sur la détermination de l'Homme.
Si tu ne l'as pas vu : commande-le, télécharge-le, file le voler dans un magasin... mais il FAUT que tu le voies.

Ben "Les Arbitres" (dont le titre initial "Kill the Referee" était nettement meilleur, mais que veux-tu... la faute de goût n'est pas l'apanage exclusif du ministre de l'Intérieur...) c'est un peu pareil.

Il est ce soir sur Canal Plus, à 23:45.
Il est en DVD avec l'Epique le 31 octobre.
Il est déjà sur mon blag (pas la classe intersidérale, ça ?)(si, c'est la classe intersidérale, ça).






Humeur du jour : j'ai retrouvé l'envie d'aller au cinéma grâce à ce flim et à Mary and Max, dont je te parlerai demain.
Zik : quoi d'autre que Seven Nation Army des White Stripes qui est devenu le symbole de la mondialisation et de l'uniformisation des supporters ?
Conclusion : Jah Love n'est jamais hors-jeu.


Et demain ? : demain, on continue le trip Cahiers du Cinéma, je te dis !