19.11.2006

Girouette... cacahuète !

Comme le disait le grand Jacques Chirac (Naaaaaan ! Je déconne !) Edgar Faure :
"Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent".
Et là, lecteur, je te mets au double défi de trouver un autre blog où on cite Edgar Faure d’entrée de jeu ET sans écorcher l’orthographe de son prénom…

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Edgar Faure
(en fait, c’est pas lui, c’est Shanice, mais c’est uniquement pour ramener du trafic… Edgar, il est derrière et fait du vent pour faire tourner la girouette et aussi dans l'espoir que le soutif s'envole)

Bref, toujours est-il que, quoique pas mal buté sur un certain nombre de sujets, il m’arrive de changer d’opinion sur quelques autres.

Par exemple, il m’arrive de repenser avec mélancolie à l’époque où une des pires insultes qui pouvaient se proférer dans la cour de récréation était "Pédé"
Souvent, d’ailleurs, la grossière interjection n’avait que peu de rapport avec la réalité concrète de la vie sexuelle et intime, probablement inexistante à l’âge de 10-12 ans, de l’outragé.

Mais si la règle
- pas les parents ;
- pas les vêtements ;
- pas les lunettes ;
s’appliquait implicitement, l’homosexualité avait été bannie du champs des exclus.

Il était donc courant et admis de considérer qu’être pédé était une chose suffisamment grave pour être collectivement réprobée.

En revanche, il y avait, pour se distinguer des camarades, la musique.
Oui, la musiiiiqueuuuuhhh, comme le beuglaient à s’en déchirer les poumons qu’heureusement certaines connes-didates ont de fort développés chantaient élégamment le groupe d’une émission de  SMS surtaxés variétés de Ti-Ef-Ouane.

Et là, je mettais un vent à pas mal des collègues de bureau en bois.
D’abord, j’achetais tout ce qui avait une étiquette Number One (et ensuite, parfois, je me rendais compte que c’était probablement dans 'intimité d'un club échangiste zoophile –non, je ne te prête pas ma fouine, ton mouton il est trop moche…- de Mongolie Orientale que la chose avait due être classée Number One...
Certainement pas dans des charts dignes de ce nom).

Et j’étais capable, malgré tout, de trouver chercher un intérêt à des compositions… approximatives de groupes promis à un avenir radieux, mais alors dans le BTP ou la conception de chaussures orthopédiques heureusement éphémères.

Et puis, il y a eu des artistes qui ont compté.
Avant de te révéler la teneur et la qualité de ce qui constituait pour moi une sorte de Nirvana (aucune allusion au groupe de Seattle) musical , mon amour-propre m’oblige à replacer les choses dans leur contexte.

J’avais 11 ans, bon sang !!! (excuse le juron…)
Je venais de quitter Goldorak sans même me demander pourquoi il ne mettait pas leur mère aux Golgoths directement avec un bon vieux corno-fulgure (comme pourrait le faire notre bon ministre de l’intérieur, désormais affublé des attributs nécessaires, merci Cécilia ! Mesquin, certes, mais tellement bon…) pourquoi, donc, ne pas utiliser directement corno-fulgure sur les gauchistes de sans-papiers Golgoths dès le début de l’affrontement au lieu de finir systématiquement le combat comme ça ?

A chaque fois, il lançait un pitoyable fulguro-poing (sauf pour les abonnés à Fist-Fuck Hebdo), un ridicule clavicogyre, ou un minable rétro-laser avant de se rendre à l’évidence : rien ne vaut une bonne tournée : Jacky, tu nous remets ça vieille giclée de corno-fugure dans la face !

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Goldorak, alors dans sa période érecto-fulgure (Gaule-Dorak ?)

Quitte à sembler iconoclaste : il était pas un peu con Goldorak ? (ouais, j’ai peur de rien, moi !).

Tout ça pour dire que je sortais de l’enfance et que donc mes goûts n’étaient forcément très bons, quoique très affirmés (il faut lire par là que j’aimais de la daube, certes, mais que je la défendais aussi intensément que je la choyais).

Il faut dire aussi qu’il y avait, dans le collège de Jésuites où j’ai été éduqué, Gilles S.


Paradoxalement, Gilles S. était tellement mesquin/crétin/Harry-en-puissance (tu choisis) qu’il en était la preuve que Dieu n’existe pas.
Sinon, au moins, Dieu ne lui aurait pas laissé avoir un frère jumeau, en l’espèce de Guillaume S.
Bref, Peu de Jah Love entre nous.

Et voilà qu’un jour, j’éduquais mes camarades en leur faisant l’apologie d’Imagination (je n’avais pas mon pareil pour yahourter Just An Illusion, Flashback ou encore Music And Lights, ce qui me conférait une sorte de statut d’expert… en tout les cas, j’étais le gars le plus bath des boums) : le rythme était bon (là, c’est la qualité de demi-noir qui prévalait, et non, Yojik, être à moitié noir ne donne pas un demi-rythme dans une moitié de la peau), les textes subtiles (là, c’est la qualité de pipoteur qui prenait le dessus) et la voix… j’avais jamais fait gaffe qu’elle manquait peut-être un soupçon de virilité (là, on mettra ça sur le compte de la surdité, comme le reste de l’analyse naïveté).

Et ce con de Gilles S. qui me balance de bite-en-blanc (un comble pour moi qui suis plutôt deux-bites-en-noir [quantité globale et pas nombre]) :
IMAGINATION, C’EST DES PEDES.

Qu’est-ce que je devais faire (outre la rectification grammaticale : "ce SONT") ?
Ben : corno-fulgure dans sa face !

Je l'ai démonté. J'ai eu des ennuis...
C’est une des seules fois où j’en suis venu aux mains.
Gay-friendly à mon corps défendant !
La classe à la Georges Abitbol : Américaine a retrospecto-riori (ou un truc comme ça, plus exact mais qui ne sonnerait pas moins latin) !

Et puis, quelques années plus tard, en trifouillant dans un caisse de 45 tours (mais si, tu sais… les petites galettes noires qui rentrent dans les mange-disques… bon, laisse tomber !) j’ai ressorti la pochette de Flashback...

medium_Flashback.jpg
Le conseil pratique du patron :
range tes Imagination comme des petites cuillers, ils prendront moins de place.

Ben, tu le croiras ou pas, j’ai eu comme un doute…

Humeur du jour : fatigué, las...
Zik : rien des années 80, je les ai trop écoutés... Renaud Papillon Paravel - l'alboume Surface de Réparation est une merveille de textes. Ex. : "il était monotone, mon été..." (autoproduit, donc ça s'achète...)
Conclusion : Jah Love pour Gilles S., que raison lui soit enfin donnée avec ce post

Et maintenant, TRIPLE défi : trouver un blag où on cite Edgar Faure d'entrée de post, ET où on n'écorche pas son prénom en y ajoutant un "d" à la fin... ET où on défend Imagination (même si ce sont des goûts anciens...)