03.11.2009
Toussaint bien qui finit bien*
* je pense que c'est ce qu'on appelle un titre approximatif.
Précieux lecteur cher à mon coeur, édulcorée lecteuse au palais de fouineuse,
Dans cette note : un récit juridique véridique, mais marrant quand même.
Rien de moins.
Tout ce qui va suivre est strictement conforme à la réalité, puisque ça m'a été raconté par un juriste.
Un juriste incapable de postuler à la direction de l'EPAD puisqu'il est professeur de droit.
Encore un drame de la surqualification...
Bref.
Il était une fois une vieille qui était un peu moins vieille que Brigitte Bardot, mais qui avait quand même les intérieurs tout secs.
Tellement vieille, qu'elle avait connu Burger King à l'époque où il n'était encore que Prince.
Bref : une vioque, quoi, une qui partage sa vie avec un chat, et parfois même le mou dudit chat, quand elle perd la boule au moment de se faire à manger.

Il se trouve que la vieille se fait faire des massages régulièrement.
Une sorte de kinésithérapie gériatrique qui la soulage et rend ses rhumatismes aussi muets qu'un député UMP avalant ses couleuvres.
Le kiné, lui, ne compte pas faire ça toute sa vie.
Non, il veut ouvrir un commerce et en parle à sa cliente, entre deux tirages de peau-pas-morte-mais-bientôt-quand-même.
La vieille ayant le coeur sur sa main fripée lui propose de l'aider.
Le jeune accepte et insiste pour faire une reconnaissance de dette, en bonne et due forme, car la perspective d'entuber une relique précambrienne sans même sortir le membre contribue à rigidifier ce dernier, puisqu'on a beau être kinésithérapeute, on n'en est pas moins homme.

Rédigeant sa lettre, il lui explique que les entrepreneurs ont un patron protecteur sous la houlette duquel il souhaite placer cet emprunt.
Ce saint patron, lui hurle-t-il dans l'oreille, car elle ne perçoit pas bien les sons environnants, est : Glinglin.
Il semble donc logique, voire naturel d'indiquer dans la reconnaissance de dette que l'échéance sera donc le jour où on célébrera Glinglin.
Résultat : la vieille se retrouve avec un papier sur lequel il est écrit le montant de l'emprunt, son destinataire, et la date de remboursement : la Saint Glinglin.
Puis la vieille fait ce qu'elle a de mieux à faire à son âge : elle décède.
Les héritiers sont un peu chiffons quand ils découvrent l'existence du prêt.
Ils en demandent donc le remboursement à l'emprunteur, lequel n'est pas contrariant : il souhaite seulement qu'on lui dise QUAND exactement il doit rendre l'oseille.
Un peu agacés, les héritiers portent l'affaire devant le tribunal.
Réponse des juges : la Saint Glinglin n'étant pas passée, le terme ne saurait être considéré comme échu.
Peu satisfaits de cette solution, les héritiers font appel.
Mais la cour d'appel n'a pas d'autre solution que de confirmer le jugement de première instance, et sur les même fondements (si je puis dire, car ils ont un peu l'impression de se faire enculer, faut bien l'avouer).
L'emprunteur, lui, continue à venir au tribunal dans sa limousine avec Jacuzzi, une poulette en microkini dans chaque bras.
Ou quasi.
Un peu taquin, le gars.
Même si ce n'est pas le cas, pour la limousine, il est certain de s'en sortir... il est confiant.
Carrément remontés par son outrecuidance, les héritiers vendent l'anus artificiel de la vieille sur E-Bay (tout ce qui restait de Mémé, d'intime et de valeur), et demandent à la Cour de Cassation de rendre son avis.
Cette histoire de Glinglin, ça les agace au plus haut point, quand même !
La Cour de Cassation, c'est un peu l'endroit où il n'y a que des cadors du juridique.
Des sortes de Jean Sarkozy, mais en négatif : ils ont un gros cerveau et une petite montre et n'essaient pas de faire croire le contraire.
Ils se creusent donc le dedans de leur tête (là où poussent les pellicules).
Et ils font bien.
Car quand ils rendent leur arrêt -qui casse l'arrêt de la Cour d'appel-, on peut y lire :
"Attendu que la Toussaint est la fête de TOUS les saints (NDR : donc Glinglin inclus), blah blah blah..."
Etonnant, non ?
Humeur du jour : pas trop mal.
Zik : tu as téléchargé La Position du Tireur Couché ? T'en as pensé quoi ? C'est bien, hein ?
Conclusion : la Saint Jah Love, c'est tous les jours pour toi, Chouchou !
Et demain ? : aucune idée. T'en as, toi ?
22:34 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : toussaint, reconnaissance de dette, faire du golf avec un héron, la bière c'est bon


