14.04.2008

Parce que c'était lui !

Précieux lecteur cher à mon cœur, ravissante lecteuse langoureuse,

Il y a quelques temps, l'année dernière, j'ai époustouflé une bande d'élèves d'une école de commerce de grande qualité, quoiqu'en Région, de mon aisance intellectuelle qui ne dépare pas de la prestance qui est mienne.

En plus simple : j'ai joué au prof.
Du coup, les gars se prenaient à rêver qu'ils étaient moi, et les filles faisaient subir à leurs dessous un test de saturation hydrophile (la seconde coordonnée étant sans doute la cause de la première).

Bref.

En l'occurrence, pendant que je faisais partager mon savoir, je me disais que finalement, les élèves sont assez stéréotypés.

- il y avait Véra-de-Scoobidoo : celle qui porte des lunettes et est bonne élève, studieuse, intéressée. Pas forcément la plus sexy, mais ses questions étaient pertinentes et les interventions plutôt bien à-propos ;
- il y avait L'Absent. Paradoxalement, L'Absent est celui qui vient en cours principalement uniquement pour signer la feuille de présence.
J'aurais pu me mettre à débiter la recette de la Crème Mont Blanc gratinée à la béchamel au beau milieu de mon cours, il n'aurait pas levé le sourcil. Le gars était ailleurs, entre ses projets de week-end et les MST en retard auxquels il fallait qu'il réponde, sans compter les apéros du BdE ;
- il y avait Le Curieux : celui qui était là par curiosité pour la matière, une de celles qu'on suit un peu pour sa culture générale, sans que ce soit un enjeu majeur des études ;
- et il y avait Le Prétentieux : celui qui la ramène tout le temps.
Le gars qui a deux PSP (Pôv' Stage de Photocopieuse) à son actif, mais qui n'a de cesse de se mettre en avant maladroitement, comme pour signifier à ses camarades qu'il a un temps d'avance sur eux. Celui-là cherche souvent à piéger l'enseignant pour affirmer son expérience professionnelle, et il est sadiquement facile/amusant de le remettre à sa place.
Celui-là, j'ai aimé le détester, parce que sadiquement, je lui faisais remarquer l'incongruité de ses propos par un jeu de questions dirigées qui l'amenaient à la conclusion qu'il vaut mieux fermer sa gueule au risque de passer pour un abruti plutôt que de l'ouvrir et de ne laisser aucun doute à ce propos*.

Bref : on les a connus à l'école, on les a vus en fac ou en entreprise…  pas la peine que j'aille plus loin dans le cliché.

Peu après mon cours, j'ai été flatté d'apprendre que
1) les élèves avaient été enthousiastes dans leurs retours ;
2) l'un d'eux avait même changé son projet professionnel et souhaitait que je sois le tuteur de son mémoire de fin d'études. Qu'il voulait faire sur ma matière, donc.

J'ai accepté cette charge.
C'est comme ça que j'ai été mis en contact avec Tébô.

Pour les besoins de son mémoire, nous avons donc échangé, principalement par mail, et un peu par téléphone portatif aussi, ce qui présente l'avantage pour lui de ne pas faire 4 fautes d'orthographe par phrase (quoique celles-ci ne soient pas mieux construites à l'oral qu'à l'écrit) .

Ayant une mémoire des noms équivalente à celle de Ronald Reagan dans la fin de son existence, j'étais persuadé que Tébô était Le Prétentieux.

Et la semaine dernière, je l'ai revu.
Ce n'était pas Le Prétentieux
.

"Mais qui donc est ce Tébô, alors ?" te demandes-tu avec une tension dramatique qui n'est pas sans rappeler les instants les plus denses de la série Derrick ? (je trouve que tu ne te donnes pas à la hauteur de la qualité de ces chroniques, je tiens à te le faire savoir)

Tébô, c'est, je pense, le résultat d'une répétition intensive de croisements consanguins comme on n'en fait plus que dans le Nord, hein, on le sait tous, maintenant, et de manipulations génétiques dernier cri.

Tu as déjà regardé Kaamelott ? Tu connais le personnage de Perceval ?
Allez, je mets une démo en pied de la présente note. Je suis pas chien, hein ? 

Eh ben Tébô, c'est un peu comme si on l'avait génétiquement modifié pour combiner, dans un magnifique 1er avril scientifique, la quintessence des gènes de Perceval avec ceux d'Averell Dalton.

Le résultat d'une fécondation de Nadine Morano par François Pignon me semble également une hypothèse crédible.

Un peu comme si la mère d'Emilie-de-Soph'-des-toujoursouvrables et le père de Sabrina-de-La-Morue avaient commis un adultère.

Le tout assorti d'un physique de glandeur sympathique, tendance Gaston Lagaffe moderne.

La perspective de devoir produire une bonne cent-cinquantaine de pages avec une personne incapable de formuler clairement ne serait-ce que la problématique, laisse augurer de moments tragiques, j'en suis certain.
Je te les conterai, à commencer par ce délicieux entretien que nous avons eu la semaine passée.

Eh ? Tu sais quoi ?
C'est tout pour aujourd'hui.
Ben oui.

Ah !
Au fait : vendredi matin, je pars pour 15 jours en Guadeloupie, retrouver mes racines et aussi en manger parce que les noirs, y mangent ce genre de choses, hein, pour accompagner leur court-bouillon de chaton cro meugnon.

Donc il se peut que ce blag soit sera délaissé.

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Humeur du jour : j'ai acheté les palmes, les masques, les tubas… sa ka maché tou bon'man !
Zik : Kassav' ? Malavoi ? Luc Léandry ? Pas très wockenwoll, j'en conviens. Mais couleur locale.
Conclusion : Jah Love à la coco fwaîche, fwèwe !

*Ceci est une citation. Ne me rappelle plus l'auteur. Attends ! Je suis pas Christine Lagarde-et-Mochard, non plus !

PERCEVAL, le père putatif de mon Tébô.
Voilà la démo :

 

 

 

23.03.2007

Con se le dise !

*quitte à me faire traiter de con par mes lecteurices, autant assumer 

Dans la vie, il y a plein de moyens de faire son crâneur et de montrer qu’on est très intelligent (ce blag n'en est pas un...)
Moi, par exemple, je termine régulièrement le Rubik’s Cube de mes enfants. Comme ils en sont encore au niveau où faire une face (sans couronne, faut pas déconner) relève de l’exploit, ben ça les épate velu.

Parallèlement, il y a tout plein d’occasions de passer pour un con.
Et celles-là non plus, il ne faut pas les laisser passer. Bien, sûr, le plus évident est encore de voter à droite, mais c’est trop facile, et puis il faut attendre les élections, toussa.

Non, il y a mieux.

Passer pour un con en milieu professionnel.
Ne rien laisser au hasard. D’abord, identifier le spécimen aussi dénué d’humour que d’imagination. Je l’ai tout de suite repéré, c’était le gars avec qui les conversations tournaient souvent autour de la philosophie post-nietzschéenne (pragmatisme et contingence, réification du langage, tu connais tout ça, quoi…) et de la météo (y’a vraiment plus de saison, tu connais tout ça, quoi).

Surtout la météo, en fait.
(En plus, il ne jouait jamais au baby-toof.)

Le mois de juin était, cette année-là, particulièrement pourri.

- "Sapristi, quel temps inadéquat pour la saison" me dit-il un matin, plein d’audace (le gars, hein, pas le matin, parce que je te rappelle qu’un matin, ça ne sert à rien, un matin, sans un coup de main, même si ce matin, c’est le mien-le mien, c’est le tien-le tien…), alors que je pénétrais son… bureau.

- Certes, lui rétorquais-je aussitôt avec vivacité, saisissant la chance unique de voir se construire naturellement un dialogue dont la profondeur et l’imprévu n’auraient d’équivalent qu'un reportage de nuit sur la chasse traditionnelle de l’okapi au lance-pierre en Mongolie du Sud (à tous les esprits chagrins que j’entends d’ici rétorquer que l’okapi ne vit pas en Mongolie, je signale que s’il n’en avait pas été chassé à coups de pierre lancées, il y règnerait encore en patron, en boss, en cador. CQFD).

Aussitôt, je relance de 10, pour voir :
- "Mais… tu sais ce qu’on dit :

EN MAI, NE TE DECOUVRE PAS D’UN FIL"

- (air gêné) Euh… NicMo… tu te trompes… C’est "en Avril, ne te découvre pas d’un fil"
- Ah bon, tu crois ?... Mouais, t’as sans doute raison…

Et je quitte la pièce sans me retourner et surtout, surtout, SANS SOURIRE.
C
lair qu’il ma pris pour l’avant-dernier des abrutis, la place de dernier étant occupée par St*evy Boulay, c’est unanimement acquis, sauf pour Séverine Ferrer, mais c’est parce qu’elle n’a pas encore intégré qu’elle court en catégorie femelle de moins de 45 kg de Q.I.

Une variante ?
Personnellement expérimentée et également assez efficace.

Ca remonte à plus longtemps.
J’étais dans une boîte de conseil type World Company où je m’épanouissais avec un job palpitant de grouillot corvéable, ce qui -c'est étonnant- se prononce consultant junior.

Un jour, j’envoie une plaisanterie sobre-et-de-bon-goût par mail à quelques collègues, clients, potes… et dans la mailing-list il y avait mon frère.
Peut-être est-ce pour se venger de cette fois, 15 ans auparavant, où il prétendit que je l’avais fait choir dans les orties lors d’une de nos courses à vélo (été, maillot de bain, no t-shirt… jolie couleur pour qui aime le lie-de-vin !) alors qu’en fait pas du tout, il s’est laissé tomber parce que je lui mettais sa mère, oui !
Enfin, la mienne.
Enfin bref.
Toujours est-il qu’il a fait reply-to-all avec en pièce jointe une photo prise chez ma/sa mère, en sortie de piscine, où je posais fièrement avec l’espèce d’épuisette à la main, gonflant le ventre à la manière des enfants.

Moi qui ai horreur d’être pris en photo, là, j’étais pas physiquement à mon avantage.
Heureusement personne n’y a prêté attention, parce que tous n’ont fait que reluquer mon zob, vu que j’étais total-à-poil.
Merci encore, mon aîné, tu es un exemple, un guide, une lumière dans la nuit de mon existence.
J’y ai sans doute gagné quelques galons de piteux mythomane quand il a fallu justifier ça au client en un pipeau qu’il a fait semblant de croire, vu que j’ai fait semblant que ça pouvait éventuellement être crédible (si, si, pour St*evy…)
En plus, une photo couleur ! Moi qui ne pratiquais alors que le noir-et-blanc…

Un dernier exemple ?

Ce midi, je vais au restaurant avec des collègues. Repas agréable, bonne poilade, ambiance détendue.
On en vient à parler des séries de notre enfance. Les Mystères de l’Ouest, Star Trek, toussa. Et quand on évoque les Têtes Brûlées, mon sang ne fait ni une, ni deux (il ne fait pas plus trois ou quatre, d’ailleurs) et je me lance aussitôt de manière effrénée dans une imitation/citation de la série.

Non point que j’imite le bruit du Chance Vought F4U Corsair au décollage, non, je reprends plutôt un dialogue récurrent (à voix haute, bien sûr : c’était pour faire profiter mes voisins de table de ma mémoire sans faille) :
- (voix de doublage minable dont sont affublés les Japonais dans les séries pourries) "On se reverra, Pépé Boyington"
- (voix virile de héros US qui répond) Ouais. J’aurais ta peau, face de citron !

Cette brillante intervention n’est interrompue que par l’irruption dans mon champ de vision du bras du serveur venu m’apporter le bol de riz et les crevettes au curry, spécialité du restaurant Le Palais de Shangaï dans lequel nous sommes alors. Lequel serveur semble plus sorti du Dernier Empereur ou du Lotus Bleu que de La Boum II.
J’aurais fait ça à l’entrée, j’aurais eu des crevettes au curry-et-crachat, je pense (enfin moi, à sa place, je l’aurais fait…).

Bon, ben les blogains, faut que j’y vais maintenant (t'façons, t'es assez autonome pour être con de tes propres ailes, maintenant, non ? Ah ! La bonne heure !).

Humeur du jour : printanière, printanière...
Zik : Regina Spektor - On the Radio
Conclusion : qu’importe de passer pour un abruti, si on a sa dose de Jah Love.