16.08.2007

Ce soir, je me fais le mono

Précieux lecteur cher à mon cœur, enviée lecteuse qu’on dit furieuse,

Les cadeaux, c’est jamais évident à gérer.
Faut dire merci… faire comme si t’aimais même quand t’aimes pas… et, toujours, il faut ressortir le cadeau et l’utiliser, comme si c’était naturel, devant la personne qui te l’a offert.
Alors quand la personne avec qui tu vis qui te gâte, l’option de la rangitude dans le local à poubelles, ben tu l’écartes presto.

Par exemple, il y a peu, Manman m’a offert un truc.

b806048739794a883974ffb4c9f89ddb.jpg
J’en profite pour te présenter subtilement mes Burning Shoes.

Un truc dont j’exprimais l’envie depuis quelques mois, sans avoir franchi le pas (Au moins, j’avais pas besoin de faire semblant d’être content. En revanche, pour la maîtrise tranquille, genre : je l’utilise tous les jours…)

Un truc que quand tu vois les autres, ben tu te dis que ça a l’air trop cool et que les sensations doivent être vraiment sympa.
Des sensations… j’en ai eu des sensations…

La première sensation, c’est l’incompréhension : qu’a donc fait la Poutre de Bamako pour mériter pareil traitement ?
En franchise, hein, en franchise, quand tu y passes un peu de temps, tu as l’impression d’essayer une nouvelle méthode d’épilation du scrotum par abrasion.
Je déconseille.

Ou alors, pour une méthode plus douce, frotte-toi donc le dessous des bourses sur une dalle de béton brut, ça donnera à peu près la sensation.
Surtout si tu penses à exercer une pression exagérée sur chacun des testicules en alternance.
Heureusement, au départ, je ménage mon scrotum en ne restant pas plus d’une seconde sur la selle prévue à cet effet.

d4713dcc3bc6db9b1848abd8c360e04e.jpg

Car la deuxième sensation, c’est celle d’une instabilité chronique qui se fout un peu de ta gueule avec sa popine, l’attraction universelle.
En gros, c’est un peu comme essayer de tenir en équilibre au sommet d’un tuteur ou d’un manche à balai pour nain président de la République coupé en deux.
Attention : équiper préalablement le manche avec une selle à une extrémité. Sinon, c’est tricher (la selle étant sur l’extrémité qui n’est pas en contact avec le sol, hein, fripon… je te vois venir… tu cherches vraiment une excuse pour te livrer à ce genre de trucs ???).

Comme dans ces condition, ce serait trop simple, tu imagines que le manche à balai -muni d’une selle donc- est judicieusement disposé sur une plaque de béchamel congelée.
C’est… euh… un peu réactif… faut bouger à bon escient, quoi… et donc, oublier la compression de la Poutre et de ses deux assesseurs.

Là, tu vois à peu près à quoi je pense quand je domine les passants d’une tête : ça va de "arghh, arghh, arghh, arghh" à "ouille, ouille, ouille… eh, merde !"

En plus, y’a un truc rigolo qui s’appelle un "retour de pédale". Naaaaaaan c’est pas Vincent Mac Doom qui revient sur Fronce 2, c’est un terme technique.
En gros : quand tu te vautres comme une bouse, Si tu maintiens la pression sur une pédale, l’autre remonte avec une violence complètement proportionnelle à la pression exercée. Si rien ne vient pertubrer la trajectoire, c’est cool. Mais si c’est un tibia, un mollet, une cheville… tu regrettes tout simplement d’avoir des jambes.
D’un autre côté, si tu joues la défense et que tu replies les jambes dès que t’es plus en équilibre, il faut reconnaître que ça obère sérieusement tes chances de récupérer la situation, et il est certain que tu es à peu près aussi ridicule que Steevy faisant une analyse macro-économique avec des mots de plus de 3 syllabes et tout…
M’enfin, ton amour-propre, tu peux l’oublier pendant la phase d’apprentissage.

Et là, si tu es talentueux comme un NicMo, ou même nettement moins, ce qui est probable, tu commences à rouler de plus en plus et à tomber de moins en moins.

T’es fier.

Sauf qu’il y a ces putains de piétons. C’est con, un piéton !
On devrait dire "con comme un piéton". Ou alors ce sont les Parisiens…
En tous les cas, même au stade où tu fais parfois des moulinets avec les bras de temps en temps pour rétablir l’équilibre, dans le plus pur style de-Funès-énervé (d’ailleurs, je suis certain qu’en totalité, pour tenir l’équilibre, j’ai dû faire à peu près tous les mouvements de la scène de danse de Rabbi Jacob… nooooooon, pas à la suite…), ben même s’ils te voient arriver de loin, y’en a pas un pour modfier sa trajectoire.
Remarque, un jour je me transformerai en Jean-Marc Mormeck-oups-désolé-pas-fait-exprès-ce-bleu-des-yeux-s'accorde-trop-bien-avec-le-carmin-qui-coule-de-vos-paumettes, je pourrai toujours dire que c’est involontaire…

Oui, parce que maintenant, je tiens dessus. J4accélère. Je ralentis. Je tourne. Il ne me reste plus qu’à apprendre le surplace, à monter dessus sans point fixe (poteau de signalisation, lampadaire, arbre en bois, myopathe avec un fauteuil en panne...) et je suis prêt pour le tour du monde.

N’empêche : on ne m’ôtera pas de l’esprit qu’au départ, quand elle me l’a offert, elle voulait me tuer.

faad5bdc2ad7c904ab61452b19d67898.jpg
Sourire un peu crispé, certes, mais sourire quand même !

Humeur du jour : chais pas, je suis en vacances, donc ce billet est écrit en différé.
Zik : Cold War Kids – Hang Me Out to Dry
Conclusion : le Jah Love est comme le monocycle. Il fait des révolutions
Devinette : de quelle citation de flim est largement inspirée la conclusion ci-dessus ?