26.10.2009
La graïpe, c'est hype !
Précieux lecteur cher à mon coeur, virevoltatnte lecteuse, abeille butineuse,
Dans cette note : tout ce qui me reste de cerveau. Le titre te l'indique : la grippe est là.
Rien de moins.
Voilà deux jours que je m'agace.
J'ai l'impression d'être enceinte : j'ai chaud mais j'ai froid, j'ai faim mais j'ai (vaguement) la nausée, et j'irais bien faire caca, mais je n'ai pas acheté l'Epique, donc je ne vois pas l'intérêt.
Moi qui, jusqu'ici, étais plutôt un gars tranché (comme disait de l'ex-amant de Simone Weber), je ne suis qu'indécision.
Mettons-nous en situation : j'ai réussi à pécho la cochonne du moment.
La grippe (en fait, si tu lis la suite, tu verras qu'elle n'est pas forcément cochonne, mais bon).
C'est marrant (marrant dans le sens "pas marrant du tout, voire carrément casse-couilles", la langue française est ainsi faite...), parce que quand tu annonces ta grippe, il se trouve toujours quelqu'un pour te demander si tu as pris l'option "cochonne" ou seulement l'option "saisonnière" (tu pourras faire l'expérience quand ton tour viendra, ne t'inquiète pas : tout le monde te demande !).
Or il se trouve que la différence est de taille, car :
- la grippe classique te cloue au lit 2 jours, tandis que...
- ... la grippe cochonne, c'est 48 heures de fièvre. Donc d'alitement.
Mes contemporains se soucient parfois de distinctions qui me semblent trop sybillines pour que je m'y attèle.
Surtout en ce moment, diminué que je suis.
Et 48 heures au plumard, j'ai eu le temps de me demander si je n'allais pas renoncer à cette mauvaise -sale ?- habitude de lécher les barres et poignées de porte du métropolitain parisien.
(la réponse est : faut voir... j'ai une vraie passion pour ce petit goût de germes mêlés inimitable)(sauf dans le mesclun)(tu ne mangeras plus de mesclun sans y penser, tu verras)
Ce qui est amusant dans cette expérience grippale : avec un demi-hémisphère fonctionnant -par intermittence-, je me trouve complètement en symbiose intellectuelle avec Frédéric Lefebvre ou Jacques Séguéla ou n'importe quel pied de panneau de signalisation routière.
Tu vas voir que bientôt, je comprendrai les paroles d'Indochine, et je scanderai des "fra-ter-ni-té" dans une tunique.

tu subis des apparitions de personnes disparues.
Toutefois, je note que le cerveau grippé continue d'être irrité par certains raisonnements dont la logique m'échappe.
Je sais que je peux compter sur toi pour m'éclairer. Ainsi, notre sous-ministre secrétaire d'état à la consommation Hervé Novelli (en fait, il est Secrétaire d’état chargé du Commerce, de l’Artisanat, des petites et moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, à croire que la longueur du titre est inversement proportionnelle à l'utilité pour le pays)(j'en veux pour preuve mon chouchou, mon Jean-Louis Borloo, qui n'est rien moins que ministre d'état, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat)(si je le dis sans trébucher, mon assistant me paye un coup)(si je le dis sans prendre ma respiration ni trébucher, mon assistant fait péter le 102)(il faut que tu saches, sombre survivant des terres hostiles et marcageuses qu'on appelle les Régions, qu'un "102" n'est rien qu'un double "51")(car l'alcoolimse ne tue pas les mathématiques), nous apprend (Hervé Novelli, donc, tu vas te concentrer, dis ?) que les actions collectives ne sont pas pour tout de suite.
Les actions collectives ? Quid ?
Une action collective est une action en justice menée au nom d'un groupe de victimes qui ont souffert d'une même cause.
Accessoirement, ça sert à éviter la multiplication des procès... et ça donne du pouvoir au consommateur qui peut se fédérer avec d'autres.
Ca s'appelle Class Action en américain des Stazini, et c'est une priorité énoncée par Jacques Chirac en... 1995.
Mais faut croire qu'il avait piscine.
Ou tennis (comme Francis Evrard le disait à sa femme en attrapant sa raquette : "je suis énervé... je vais me faire un petit Enis pour me détendre")(normalement, j'assure la Benichoo Cup 2010, avec ça)

J'ai peut-être un poste de merde, mais j'ai hyper-bien négocié :
j'ai un vrai fauteuil de ministre en peau de vache morte.
On dirait un peu le visage de MAM, mais en plus doux...
Hervé Novelli a décidé qu'il fallait attendre parce que les entreprises sont fragilisées par la crise.
Dont acte.
Mais alors...
1. Pourquoi n'a-t-on rien fait pendant les années pré-crise, quand tout allait bien ? On n'a pas eu le temps depuis 14 ans ?
2. Est-ce à dire qu'en tant de crise, il convient de laisser les entreprises faire ce qu'elles veulent, sans donner au consommateur la possibilité de se défendre correctement ?
(Cela signifie que l'économie l'emporte sur la Justice, rien de moins... ce n'est politiquement pas neutre...)
Je ne sais pas, moi... je m'interroge...
Sans doute est-ce la gêne de savoir qu'un sujet de Zone Interdite a été caviardé parce qu'il montrait les mauvaises pratiques de Mc Donald's et KFC (parce que Mc Do est l'un des plus gros annonceurs en France ou parce qu'ils n'ont toujours pas mis au point le burger-béchamel ?) ? (1)
Sans doute est-ce la gêne de voir Jean Bon Sarkozy monopoliser le JT de la télévision publique pour venir montrer sa nouvelle Swatch, achetée pour l'occasion ? (2)
Tiens : concours !
Réglement : les participants devront trouver une photo de Jean Sarkozy avec une Swatch au poignet, les images du JT de France 2 étant exclues.
A gagner : rien. (j'ai vérifié, ça n'existe pas)
Je ne sais pas, mais cette impression que tout est à vendre, ou pire, à acheter, ne me semble pas faire un projet de société durable...
Humeur du jour : entre frissons et chaleurs, soit j'arrête la grippe, soit j'arrête les bains de Poppers
Zik : Chris Conty - Triste à St Tropez. Chris est une légende. Souvenez-vous. En plus, il reviendra, car Chris a souffert, Chris est mort... Chris est resuscité.
Conclusion : Jah Love ? C'est combien ?
(1) je pourrais m'en moquer, car je ne regarde pas la télévision, vu que je n'en ai pas, mais quand les annonceurs maîtrisent l'info... ça sent mauvais comme dans un fast-food, non ?
(2) Sans déconner : une Swatch !!!!! On reconnaît bien là la subtilité de Christophe Lambert (le publicitaire-conseil de Jeannot Sarko, pas l'acteur simiesque) : "faut pas faire bling-bling, on va te mettre une Swatch. T'inquiète, ça ne te fera pas mal. On l'enlèvera dès la sortie du plateau. Tu veux qu'on caste une doublure-poignet pour les gros plans ?" (Christophe Lambert, je l'ai fréquenté dans une agence, j'ai rarement vu quelqu'un faire l'unanimité sur son incompétence et son manque d'humanité. Le "bonne chance mon papa" pas du tout ridicule du Congrès de Versailles, c'était lui aussi).
17:12 Publié dans Grincements de dents | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : grippe cochonne, lécher un écrou borgne, chris conty a jamais dans nos coeurs |
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