24.04.2007
A Boris... ques et périls !
Cher lecteur cher à mon cœur, fidèle lecteuse aux mains calleuses,
Boris Eltsine, plus connu sous le nom de DJ Boris, n’est plus.
Les mots me manquent pour exprimer l’émotion qui m’étreint.
La Soirée Disco est toute gâchée.
Le Top Délire Méga Groove est en veilleuse, ce soir.
Miss Camping a mis son string en berne.
Contrairement aux calomnies répandues par les jaloux, souvent réactionnaires, DJ Boris Eltsine n’est pas décédé d’un accident de cirrhose. Certes, il aura, dans son existence, plus lutté pour éviter les surplus de vodka russe que contre l’abus d’éthanol. Mais sa vie aura prouvé à tous les alcooliques qu’en s’acrochant, on peut finir tsar (et puisqu’il est tsar, tu peux éteindre la lumière en partant, et tu reviendras demain, très tsôt si tu veux). (Toi qui es alcoolique et qui me lis, prends-en de la graine. Et prends aussi le jus de cranberries, faut rendre hommage, quand même !)
Cultive toi avec NicMo : sache pour ta gouvernante que "tsar", en ukrainien, est synonyme de "vodka gratuite et vomi essuyé par un autre".
On peut en déduire que 1. L’ukrainien est une langue très synthétique ; 2. il n’y pas de fumée sans feu, oooooh, non, ma bonne dame, et y’a plus de saison non plus (ouais, j’avais pas trop d’idée pour le deuxième point, en vrai…).
Décidément, il faut s’attendre à une baisse importante de la fréquence des mariages en France, et de la fréquentation des bals populaires du 14 juillet : sans Bézu ni DJ Boris, les réjouissances vont sérieusement baisser d’intensité.
Il va falloir trouver de nouveaux repères… ça va pas être facile pour les vieux et je présume que plus d’un aura, suite à ce coup du destin, perdu goût à la vie.
Certains vont attendre avec impatience la prochaine canicule.
Mais revenons à Boris.
Très tôt, il fait rire ses amis de la section Propagande et Gaudriole Matérialiste des Jeunesses Laborieuses de la Troisième Internationale de Sverdlovsk où il est né.
Plus tard, il prend en main l’animation musicales des soirées Salsa Révolutionnaire et Prolétarienne qui ont rendu mythiques les nuits de l’okroug de Novosibirsk.
Il y découvre vite que la nuit est chaude et qu’elle est sauva-age.
Lui qui a toujours privilégié l’underground socialiste, est très affecté par le succès de Début de Goulag (Et tu tapes, tapes, tapes, pour faire la pierre fine et tu te gèles les couilles, comme le veut Staline…).
Il considère que le déshonneur que la profession de DJ doit endosser est trop lourd. Amer, il quitte le monde de la nuit et se consacre désormais à sa nouvelle passion : une étude sociologique globale sur "l’impact de l’absence de distanciation sociale dans le cadre des open-bars".
Une éude de terrain menée avec rigueur, après une préparation sérieuse en laboratoire où il ira non seulement jusqu'à répertorier l'ensemble des cocktails existants, mais également à en développer certains lui-même, comme le vodka-goulasch, qu'il est le seul à pouvoir ingérer.
La légende raconte que c’est en 1982, aux Corona Days de Cancun, qu’il croise Jacques Chirac, lequel lui conseille "avec les frais de bouche que t’as, moi, si j’étais toi, je me mettrais à la politique… tu ferais des économies substantielles. Et si tu t’y mets, soit tu écartes tous les nains mégalomanes et égomaniaques de ton entourage, soit tu fais ligaturer les trompes de ta femme ET de ta fille, sinon, mon vieux, c’est un bordel, après…"
La légende rapporte également que c’est à la vue de Bernadette Chirac qui lui vient naturellement la pierre angulaire de son œuvre musicale : Miss Camping (les borissologues les plus influents s’accordent toutefois pour attribuer la création de cette œuvre à la rencontre de Michèle Alliot-Marie non épilée dans un cours d’aqua-gym. On attend avec impatience que paraissent les nécrologies de notre ministre pour éclaircir ce point).
La suite, on la connaît : il prend la tête du KGB, persuadé qu’il s’agit là des initiales de Kool and Groovy, Babe, une boîte de production.
En 1991, il organise une rave géante devant le parlement russe. Un succès d’estime. Toutefois, la puissance sonore déployée, alliée à la lecture répétée d’un album de Lâam oblige les militaires putschistes -ceux qui en se sont pas suicidés en s'étouffant avec des chipsterski, biscuits apéritifs locaux- à quitter le bâtiment.
Le peuple le considère comme un sauveur et il se trouve propulsé à la tête de la toute récente Fédération de Russie.
Comme tous les apparatchiks, il peut enfin s’acheter une maison de campagne (c’est ce qu’en russe, on appelle le pouvoir datcha) et stabilise enfin sa vie.
Il paraissait éternel.
Hier, la mort est venue avec sa faucille, pour l’occasion. Sympa, elle avait laissé le marteau à la maison !
------------------------------
En vrac, parce que sinon, ça va faisander :
Lu dans Libération de lundi 23/04/2007.
Témoignage recueilli au siège de l’Affront National. Un militant déçu : "ça me donne envie de partir à l’étranger !"
Ben t’as raison, gars ! Toi qui les supportes pas, va donc vivre chez eux, tu seras mieux !
Entrevu à la télévision, ce soir :
Jean Reno sur le plateau d’une émission consacrée… au cerveau et à l’intelligence.
Ce serait pas un peu du foutage de gueule, ça ? Loana était pas libre ?
------------------------------
"Je veux parler à tous ceux que la vie a brisés, aux accidentés de la vie, à ceux qu’elle à usés, à ceux qui sont dans la détresse…
... à ceux qui ont paumé les clefs de leur bagnole,
ceux qui ne retrouvent pas le ticket du pressing,
ceux qui ont oublié le code de leur Carte Visa…
... la France que je veux est une France qui ne laissera tomber personne".
Humeur du jour : ça pourrait être pire, la droite pourrait sembler majoritaire…
Zik : Bérurier Noir – Porcherie (en 2002, ça me l’avait fait aussi)
Conclusion : Jah Love et… Za zdarovié!
23:10 Publié dans Chic ! Un mort ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : chronique, humour, election, boris eltsine, necrologie, nicmo |
Facebook


