16.04.2008

Pendre un enfant par la main

Précieux lecteur cher à mon cœur, fidèle lecteuse aux entrailles poreuses,

Une note où l'on va voir que les filles, c'est pas comme les gars, mais un peu quand même.
Et je ne parle pas anatomie, je sombrerais trop facilement dans le vulgaire.
Or ici, tu en conviendras, c'est un blog qui a de la tenue.

Non, je parle appréhension d'une situation inattendue et pseudo-humoristique : les gars et les filles ne réagissent pas de la même façon.
Tu vas voir de quel côté l'hypocrisie se situe…

Protagonistes : NicMo, étudiant à l'époque, et son colocataire, étudiant également.

Contexte : de retour d'une soirée 4 grammes réunion de définition de projet professionnel, ou un truc semblable… un rassemblement d'étudiants où tu vas pour vérifier s'il n'y pas de nouveaux nichons dans les parages, quoi… bref, de retour de cette session de travail intense où on s'était drôlement bien méfié de cette salope de déshydratation, on trouve dans une poubelle jouxtant celle où on habitait, un poupon.

Pas un vrai qu'on se serait amusé à brûler avec une cigarette pour voir si ça le faisait hurler plus fort que de le mettre assis sur une plaque chauffante.

Non.
Un faux.

Mais très bien fait.

Pas une Barbie, un nouveau-né assez réaliste, quoiqu'asexué.

On s'en est rendu compte le lendemain, sur les coups de 14 heures du matin, dans les brumes alcoolisées des réveil nauséeux rappelant à l'impudent estomac que l'acidité du jus d'orange est une agression qui irradie jusque dans la boîte cranienne, et éteignez-moi ce soleil s'il vous plaît, non mais c'est vrai, depuis quand il fait plein jour à 14 heures ?

Mobilisant l'ensemble de nos neurones disponibles (à nous deux, ça devait faire l'équivalent de la puissance de réflexion de Sébastien, le mari de Cindy Sander,  qui remplirait la grille de Sudoku de Pom' d'Api, peu ou prou), nous décidons de ne pas gaspiller ce poupon, par respect pour l'aspect réaliste sus-évoqué.

Voilà.
"Respect".
Tel est le crédo choisi.

Du coup, on a commencé par le baptiser.
Benjamin, ça nous plaisait bien, comme prénom. Et puis en plus, ça s'abbrévie en "Benji", ce qui était cohérent avec sa destination.

Oui, parce qu'au départ, on avait hésité à le coller sur notre mur à expression, aussi dit mur-à-conneries, entre
- La banderolle "L'humour, c'est pas toujours drôle, surtout quand ça fait pas rire",
- La banderolle "L'amour est à la vinaigrette ce que le trombone est au porte-avions",
- le soutien-gorge de la voisine, toussa…

Mais non. R.E.S.P.E.C.T. comme l'a dit Aretha Franklin, qui était, elle aussi, la mère d'un Benjamin.
Ouais, je suis un crack en histoire et géographie.

Bref : pour mettre en valeur notre Benjamin/Benji, nous cherchons, cherchons, nous cherchons* et de désespoir, nous levons les yeux au ciel.
Révélation : le plafond du salon, outre la moulure néo-mochasse prétentieuse et vulgaire, est orné d'un crochet.

Et c'est avec un plaisir équivalent à celui que connaîtrait Jean-Pierre Pernaut à l'idée d'hépatectomiser, sans anesthésie, un contrôleur fiscal, que nous y disposons Benji.

121751092.JPG
     Benji, si tu savais comme tu nous manques !
Presqu'autant que notre cerveau !

 
C'est donc comme ça que pendant 6 mois, il a trôné dans notre salon, au grand étonnement des néo-invités.

Et c'est là que je reviens à ma remarque initiale :
- les gars, ça les faisait poiler. (Plutôt ce genre de solutions que de recevoir un appel inopiné pour la fête des pères, faut croire) ;
- les filles, elles, poussaient des cris plus ou moins indignés.

JUSQU'A CE QUE…

JUSQU'A L'ELEMENT QUI METTAIT TOUT LE MONDE D'ACCORD : quand on précisait que ce n'était pas une corde, mais un élastique.

Et donc, quiconque mettait une gifle sur la tête de Benji imprimait à celui-ci un mouvement latéral ET vertical fait d'allers-retours bondissants et aléatoires pour le plus grand plaisir des unes et des autres.

Tu vois ?

2 conclusions s'imposent donc au terme de cette expérience :
1. Les filles, c'est rien que de hypocrites ;
2. Un enfant, ça apporte toujours de la joie. Même un faux.

Humeur du jour : impatience… Nadine m'attend ! et il est tant de vivre notre amour au grand jour, sans plus nous cacher.
Zik : le bruit du cocotier sous l'alizé. J-1
Conclusion : Jah Love élastique, c'est plus rigolo

* On a cherché, hein ? T'as vu ?