13.12.2006

La loi de Murphy

Salut à toi, ô mon frère (salut à toi, peuple khmer...) !

Là, je suis en, galère, et Murphy se défoule sur moi, j'ai l'impression.
Je t'essplique : je prends le train. Jusque là, tout va bien.
Normalement, je pose les fesses dans le train, je mets du son dans mes oreilles, et je sors mon bouquin. Là, si vraiment je suis dans un jour faste, je me trouve à côté d'une créature tout à fait attirante.

Elle a les mains fines.
Elle sent bon.
Elle parle doucement comme celles qui savent que la précipitation n'est jamais utile. Surtout en matière de rencontres.
Elle parle doucement comme celle qui sait qu'obligé de tendre l'oreille, je serai entièrement dévolu à capter ses mots afin de trouver les réponses adéquates, subtiles ou décalées, voire drôles parfois... enfin bon.
Elle sent bon.
Elle m'explique tout de go qu'elle se sent toujours un peu émoustillée par les voyages en train. Elle est volubile sans être saoulante, légère et profonde, droite comme un truc tout droit (insère ici le truc tout droit qui te sied [                                                              ]) et tout en courbes sensuelles.
Elle a un joli décolleté qui laisse entrevoir une poitrine sympathique et douce, ample sans être provocante (
mais quand même un peu).
Elle a le sex-appeal de Michèle Alliot-Marie Shanice celles dont le corps semble empreint de grâce, quoiqu'elles fassent.
Elle a le geste et le parler fluides et précis.
Elle sent bon et me rend la bouche sèche dès que je la regarde.
Elle me rend honteux, juste parce que je la désire... une sorte de rôt retour d'éducation judéo-chrétienne mal digérée...
Elle sent bon et me fait regretter la Micheline (je parle du train du temps jadis, pas de la très bonne professionnelle des boulevards périphériques, Micheline-qui-dit-oui...) qui aurait rendu le trajet plus long.

... et puis... je me réveille (ben vi, fallait que ça arrive).

Et je suis dans le train. Par "dans le train", entendre bloqué comme... dans un train. J’ai eu une place dans le piège à pourrir le trajet sauf si t’as la chance d’être sourd et aveugle (si t’es un peu con, c’est pas plus mal) carré pour les tortures familles.
Et celle qui arrive…

Elle : la classe de Paris Hilton, dont elle partage par ailleurs probablement le QI, en plus du goût pour l’excès de gloss. Des limaces relookées Barbie World en guise de bouche. Plus enceinte que Zézette dans le Père Noël, le chouine-gomme et la bouche ouverte. Dans l'ensemble… disons... toutes les palettes du rose.

Je pèse mes mots (y’en a 200 gr en trop, j’vous les mets quand même) :

Du concentré de Sulfurate de Pétassium !!!

Appelons-là Jennythia et interrogeons-nous aussitôt sur la nature de la personne susceptible de séduire, puis d’engrosser cette engageante créature ???

Il arrive : marcel gris tendu par des abdos modelés à la Kr*nenbourg, le bermuda type "Waïkiki" (collection printemps-été 1989, celui avec le gorille) et la tongue au pied. Un début de calvitie et un voile d’imbecillité que je n’avais constatée, jusque là, que chez Harry et Vincent. Les pattes des mygales qui dépassent sous les aisselles. Se tient un peu comme Raffarin.
Le dynamisme d'une pub N*tella et le vocabulaire de St*evie-de-l'UMP (tiens, encore un porte-parole précieux, en plus de Doc Démago et Johnny Eeeuuuptik-2000...).
Nous le prénommerons Bernard-Orlando-Francis. Dit : BOF.

BOF et Jennythia s’assoient en compagnie de leur golmon plus agité que le neurone de Flavie Flament devant les mots-croisés de Télépoche petit fripon.
Un Kevin (ça, c’est pour de vrai) de 4 ans, au jugé.


Aussitôt, Manman se plonge dans l’intégrale des Rougon-Macquart P*blic. Papa sort sa PSP où, visiblement une guerre se déroule à laquelle il prend part, le temps de se faire dézinguer au fusil, tournevis ou Dieu sait quel autre moyen bruyant comme je rêve de le faire, vu que je profite du son nasillard parce que Crétin 2000 n’a pas pris de casque très régulièrement.
Kevin, lui, se retrouve tout seul devant la table vide qui nous sépare.


Au bout de trente secondes montre en main, petit con d'un petit moment, Kevin montre qu'il se fait chier comme un député inaugurant la salle de soins de la maison de retraîte "La ridée joviale".

Manman sort donc un bloc-note et un bic. Et replonge dans les réflexions visiblement profondes que lui inspire B*n Week. Ou alors, c'est l'heure de la sieste du neurone. BOF est toujours à la guerre, toujours au grade de sous-off, ce qui, compte tenu de son développement intellectuel, prouve bien que c'est de la réalité, certes, mais virtuelle.

Kevin se refait chier. Et l’exprime. Normal.

Se met alors en branle une machine savamment réglée, et très intéressante sur un plan comportemental :
Kevin manifeste à intervalles réguliers.
Jennythia quitte son G*la (ben oui, elle avait dévalisé le point-presse de tout ce qui était intéressant, BOF avait sa PSP avec Death Lethal Warrior Of Darkness Brutality Of the Nuclear Ages 4.
Et Kevin, il avait son bic et son bloc -putain, on dirait du Lavilliers !-) et, avec des gestes aussi maladroits que les mots sont justes, exprime une douce réprimande :

- Kevin, tu m’emmerdes ! Arrête un peu ! Tiens-toi tranquille !

La fois d’après, le père, prenant à cœur l’aspect pédagogique de son statut, met sa PSP en pose (sauver le monde, c’est pas le genre de truc que tu interromps comme ça… au débotté…) se lève, et :

- Kevin, si tu te calmes pas, je te colle une tartine !

Et il replonge jouer à Rambo.
Et moi, au milieu des Pierrafeu de la pédagogie.

Je suis dans Chérie, j’ai rétréci les cortex (pour les filles : le cortex, c’est pas une matière étanche-mais-qui-laisse-respirer-la-peau pour les blousons de ski, hein… je ne fais allusion à aucune catastrophe de nature domestique, là…).

Ca alterne comme ça toutes les 10 mn.
Au bout d’un moment, bizarrement, je me lasse un peu. Parce que faut pas imaginer que le père coupe le son de la guerre nucléaire quand Manman prend en charge l’engueulade l’éducation du petit…

Bref, je vais au bar pour… ben pour… chais pas moi, me prendre... euh... un sandwich.
Te dire si c’est vraiment un prétexte…
Comme il y a du monde, je prends place dans la file et patiente.

Ca va pas vite du tout. Je termine mon calcul selon lequel j’en ai pour vingt minutes et là, juste dans mon dos, j’entends :

- Reste calme ou je te colle une tartine !

Murphy, je crois que tu te moques…

Humeur du jour : c'était mieux avant, quand il y avait des cendriers dans les trains pour fracasser le crâne de l'importun.
Zik : ni'importe quoi qui couvre le bruit d'une guerre
Conclusion : plus de Jah Love dans les jeux de guerre, que diable !