05.11.2010
J'aime pas trop les bar-bus
Précieux lecteur cher à mon cœur, mal barrée lecteuse qui fréquente des estafettes boueuses,
Dans cette note : le quotidien du barman chroniqueur, mais surtout surmené.
Rien de moins.
Tu as pu le noter : tant la fréquence que la qualité des notes sur ce blog a eu tendance à baisser, dernièrement.
La cause en est simple : j’ai eu du travail.
Mais genre : 12 heures/jour (enfin… par nuit) sans nécessairement bénéficier de... comment ils disent déjà ces jean-foutre de syndicalistes ?
Mais si, tu sais, le truc de feignant, là... qu’il faudrait que le Parlement supprime rapidement si on veut mettre le pays en marche...
Le week-end.
C’est ça.
Le week-end.
Je n’ai pas eu de week-end.
Bref : comme je ne fais que jouer au barman et dormir, je vais te raconter quelques aspects de la vie du barman.
Barman, en anglais, ça se dit "waiter".
Ce n’est pas anodin.
Dans ce métier, tu passes une partie non négligeable de ton temps à attendre que le client ait l’excellente idée de venir se défoncer sa race comme une Absolut Spontex se détendre dans ton établissement.
Souvent, je lance alors : "JE VEUX QU’UN CAR DE NATURISTES HONGROISES DEBARQUE MAINTENANT, LA, TOUT DE SUISSE !!!!"
Eh bien, tu le crois, tu le crois pas, mais c’est ce qui s’est passé hier.
Bon, si tu le crois pas, t’as raison.

La queue devant mon bar (allégorie)
(tu peux aussi mettre le pluriel si tu veux)
Copyright : Spencer Tunick
En guise de ouikène, et alors que Maman s’alanguissait sur la couche matrimoniale dans l’attente du devoir conjugal que je remplirais aussi bien que ses intérieurs -c'est dire-, j’ai eu droit à l’appel de mon ami et néanmoins esclavagiste en chef manager GolgoGreg, qui m’annonçait en substance que compte tenu de l’arrivée imminente des 2 autobus transportant des supporters du Borussia Dortmund, il fallait que je vienne fissa travailler, parce que devant ce rush annoncé, il avait besoin du meilleur de la crème.
Et le meilleur de la crème, c’est moi.
La crème au chocolat, si tu veux, mais là n’est pas le propos.
Et donc, j’arrive, je prépare le petit bar sis au fond de l’établissement, que j’anime de mes talents en cas d’affluence, notamment le ouikène.
Effectivement, vers 23 :30, ce ne sont pas deux, mais trois autobus qui se garent devant le bar, lequel se remplit conséquemment.
Atmosphère bizarre :
- déjà, pour se faire des amis, il faut parler allemand ? Tu sais, cette langue morte qui, parce que tu en as séché les cours, t’a permis d’améliorer ton niveau au baby-foot...
- ensuite, je ne sais pas si c’est à cause du score (match nul 0-0 au Parc des Bouffons contre le PSG) mais les gars étaient aussi enjoués que s’ils sortaient d’un colloque d’Alain Minc "Déficits publics, béchamel et frottis vaginal en Westphalie" (je déconseille le frottis vaginal à Dortmund : quoique ne l’ayant jamais expérimenté, je perçois intuitivement que c’est moins agréable qu’une semaine à Sainte Anne, Guadeloupe, face à la mer)(note qu’Alain Minc est capable de se tromper, quel que soit le sujet. Il n’a pas peur, il y va. C’est un don).
Bref, l’Allemand tire la gueule et ne commande pas grand-chose.
Soit une bière, soit eine Cola.
On a vendu quatre caisses de Coca !!!

Le maillot du Borussia Dortmund
d(déclinaisons possibles : rayures fines, verticales, horizontales...)
Bilan : on est envahi par 180 gars bedonnants déguisés en Maya l’Abeille, tenant à la main soit une bière, soit un Coca.
Silencieux (ce ne sont pas des bavards, ni des bavards-rois) et qui ne renouvellent pas leur consommation.
Soudain, à 02:17, ils se sont levés comme un seul Gunthar et sont remontés dans leurs autobus.
Ils n'avaient sans doute pas que ça à faire, non plus : il avaient encore la Pologne à envahir… und wir sind nicht rentriert, comme on dit chez eux !
On a beau construire l’Europe, ça ne donne pas très-très envie d’aller faire la teuf en Rhénanie du Nord, tout ça.
Humeur du jour : fatigué. Encore et encore.
Zik : You touched my Tralala ?
Conclusion : Jah Love devrait envahir la Pologne. Le reste du monde aussi, d’ailleurs.
Et demain ? : demain, on parlera démocratie et journalimse.
18:26 Publié dans Laïfe is laïfe | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : bar, barman, borussia dortmund, étoiler un chou, tripe de ballon, fustiger une table |
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21.10.2010
Mise en bière d'un a priori
Précieux lecteur cher à mon coeur, précieuse lecteuse houblonneuse,
Dans cette note : un titre fort à propos.
Rien de moins.
Ils sont 4 et, quand ils entrent dans le bar, on sent qu'ils ont entamé l'apéro environ 3 heures avant.
Ils ne portent pas le t-shirt "manger c'est tricher", mais ils pourraient.
Ils ont envie de parler, mais les voisins sont peu réceptifs, sans doute également répugnés par l'haleine chargée des gaillards.
Ils ont commandé un pichet de bière, qu'ils ont bu à moitié.
C'est alors que l'un d'eux, après avoir demandé leur avis aux autres, s'adresse à moi, l'air aussi inquiet que si Brice Hortefeux avait voulu prendre son empreinte.
- Heu, chef ! Chef ! (NDLR : je déteste qu'on m'interpelle, et encore plus en me donnant un titre martialo-humoristique qui ne fait que souligner la misère sociale dans laquelle je me trouve et l'acceptation d'une situation de larbin exsangue d'un patronat toujours imgambe quand il s'agit de dégrader mes conditions de travail, mais je garde néanmoins ces considérations pour moi et ne me départis pas d'une jovialité feinte, certes, mais requise et de bon aloi. Je reste professionnel)
- Oui monsieur ?
- La bière, là... elle a comme une odeur de pisse.
- Pardon ?
- La bière, là, elle sent un peu la pisse, j'te promets ! Sens ! -il me tend alors sa pinte, que je fais mine de renifler-.

- Moi, je trouve surtout que ça sent la bière, si je puis me faire mettre me permettre.
- Non, non... elle a pas un problème la bière Moi, je trouve qu'il y a comme une arrière-odeur de pisse, quand même...
- Bon. Tu bois quoi depuis tout à l'heure ?
- De la bière.
- T'es allé pissé ?
- Ouais. Et ça sentait un peu comme ça.
- Normal : t'as bu de la bière, c'est ton urine qui sent la bière, et non l'inverse.
Soudain, j'ai vu son visage s'apaiser : IL A VU LA LUMIERE !!!
Il a pivoté sur son tabouret pour s'adresser à ses potes en les interrompant "Hé, les gars, hé, les gars !", impatient qu'il était de leur faire partager ce changement de paradigme qui allait, à n'en pas douter, révolutionner sa manière de voir sinon la vie, du moins son alcoolimse.
Il était valorisé et fier, lumineux et rebelle comme un titre d'Alliance Ethnik.
Encore un à qui on va pouvoir vendre de la bière de daube pendant des années.
Humeur du jour : arbeit, arbeit. 7/7...
Zik : Duck Sauce - Barbara Streisand (ce qui prouve qu'Armand Van Helden fait encore de la musique)
Conclusion : Jah Love et une bière. Bonne, la bière. On n'est pas des boeufs.
Et demain ? : demain, je me demanderai pourquoi j'écris. Ou pourquoi je n'écris plus.
17:15 Publié dans Brèves de comptable | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : biere, pisse, bar, xavier bertrand regard julie lescaut, yves cochet se fait fouetter, paradigme et creme anglaise |
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