23/02/2011

La classe en jachère

Précieux lecteur cher à mon cœur, profanée lecteuse qui collectionne les doigts de lépreuses,

 

Dans cette note : une interrogation sur les astreintes que certains s’imposent.
Rien de moins.

 

L’observation d’un client de mon bar (véridique) a fait naître l’interrogation suivante :

Si j’étais :
1. albinos et
2. unijambiste…
je ne sais pas si j’oserais arborer, lors de mes sorties, un survêtement proclamant mon amour du PSG...

Je veux dire : j’imagine qu’avec de tels atouts physiques, y ajouter comme la touche ultime d’un Cyrano de PMU le message subliminal que je suis, EN PLUS, un être doté d’un goût vestimentaire tellement sûr qu’il laisse entrevoir à la femelle domestique d’autres délicatesses, telles que la perspective de massages oléaginés et langoureux précédents l’accouplement dans les volutes relaxantes de bougies parfumées, où, sous la lumière tamisée et mes mains expertes et magiques, elle connaîtrait enfin l’extase tandis que je lui réciterais tendrement les meilleures déclarations de Luis Fernandez, Paul le Guen ou Antoine Kombouaré (1).
Sans compter que ça laisse également augurer d’une certaine clairvoyance dans l’analyse sportive...

L’affichage d’une telle assurance séductionnelle serait sans doute taxée par les autres mâles présents -concurrents dépités et aigris- de concurrence déloyale.

A juste titre.

 

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On reconnaît nettement Patrick Ollier qui la suit


 

Cette réflexion en appelant une autre, je me suis dit que pour la présidence, en fait, c’est pareil : Ray-Ban des Bois a tellement d’atouts qu’il a besoin de ses ministres (tu sais, cette "équipe resserrée" de "professionnels") pour éviter d’aveugler la vie politique française du siècle tout entier par l’intensité de l’extrait de perfection que constitue son mandat.

On a déjà évoqué le cas de MAM (qui est désormais mutique : elle ne dit rien sur la Libye, c’est à se demander si son compagnon Patrick Ollier n’y est pas plus impliqué qu’elle en Tunisie) il faut maintenant souligner la constance des services diplomatiques en l’espèce, puisque le nouvel ambassadeur en Tunisie, Boris Boillon, a gentiment expliqué aux  journalistes locaux qu’ils étaient "débiles".
Et tu sais, quoi ? Cette bande d’Auvergnats -excuse-moi, mais il n’y a pas d’autre mot- demande du coup la démission de Boris, qui arrivait pourtant auréolé de son Master de Diplomatie de l'Université OSS117 du Caire (on a essayé de joindre l'établissement, mais du fait des événements locaux, le Caire ne répond plus).

Et puis, puisqu’il est encore besoin de prouver le professionnalimse de l’équipe en poste, il nous faut évoquer le cas de Bruno le Maire.

Invité hier au Grand Journal puisque se tient à Paris le Salon de l’Agriculture -du coup, dans mon quartier, on voit des tas de bouseux en goguette, on a l’impression que c’est tous les jours la Péquenots Parade- le ministre a tout simplement été éblouissant :
- il ne sait pas quand on cueille les poires (bon, à la rigueur...)
- il ne sait pas reconnaître une vache limousine (ok, on peut s’en passer... il faut que tu saches, lecteur des régions, que beaucoup de Parisiens, quand ils envisagent d’avoir un animal domestique, étudient plutôt la possibilité d’avoir un chat qu’une vache. Le fait que les appartements soient équipés de chauffage rend moins nécessaire la présence d’un animal dont les flatulences répétées sont un gain thermique non négligeable pour vous, mais une nuisance pour nous : le bruit, l’odeur...)
- il ne sait pas reconnaître le glougloutement du dindon (au moins, on sait qu’il n’a pas couché avec Nadine Morano sinon, il aurait eu au moins une réponse à donner)
- mais, cerise sur le pompon, il ne sait pas ce qu’est un hectare (2).

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On lui avait dit "prends le poste, tu vas te faire du blé".
Depuis, Bruno sent bien qu'il s'est un peu fait flouer, quand même...
(encore que...)


Et là, je dis que pour un gars dont le boulot est, notamment, de négocier avec les partenaires/concurrents européens la qualification et la destination des... ? des... ? DES SURFACES AGRICOLES -eh, oui !- ben ça doit pas être facile tous les jours.
(Ou, au contraire : trop facile, vu que quand on ne comprend rien, généralement, on finit par renoncer)

Du coup, je trouve quand même étrange -voire incohérent- qu’on n’aie pas Steevy Boulay (3) au ministère de la Culture !

 

Humeur du jour : soirée de deuil pour le baby-foot, hier soir. J'ai perdu.
Zik : je t'ai parlé des Woolly Bandits ?
Conclusion : des hectares de plantation de Jah Love pour toi. Ouais !

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(1) En l'occurence, elles sont assez semblables : "l'important, c'est de prendre ces trois points", "ce soir, nous avons manqué de réalisme" et "nous avons été solides, défensivement" étant les incontournables)("l'essentiel, c'est de créer un collectif" est à réserver aux cas de propositions d'ouverture à une sexualité de groupe.)

(2) J'ai vérifié : calculer, classer et comparer les aires, c'est au programme de CM1. Ah, ouais, quand même...

(3) Je te rappelle que tu peux encore te faire un petit plaisir, là (avec le son, c'est mieux)

09/02/2011

(Pourtant quelqu'un) MAM dit...

Précieux lecteur cher à mon cœur, tunisienne lecteuse à l’épiderme de gueuse,

 

Dans cette note : une ambulance (MAM) qui se fait Ali-gner (comme on dit là-bas). Mais c'est fort injuste, ce dossier uniquement à charge...
Rien de moins

 

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Préambule
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Depuis la campagne pour la dernière élection présidentielle, j’ai exprimé mon inquiétude de voir le service public de la Justice se faire démanteler peu à peu… ce qui est, hélas, arrivé et que l’affaire Tony Meilhon nous rappelle cruellement.

Cruellement, mais moins qu’à la famille de la victime.

Voilà donc nos magistrats, excédés une fois de plus d’être désignés comme bouc-et-misère par l’exécutif, qui se sont mis en grève.
Nos dirigeants se sont donc prononcés avec la sagacité qui est la leur et j’ai eu grand plaisir à prendre en note leurs déclarations solennelles et à les mettre en perspective :

- Ray-Ban des Bois
: "vous comprendrez qu'à Varsovie, comme dans les autres capitales, je ne ne parle pas des affaires intérieures sur lequel je me prononcerai à mon retour" ;
- François Fillon : "…ces mesures de contestation que nos concitoyens n'ont pas compris"...
Ray-Ban des Bois, toujours sur ce même sujet : "s’il y a des fautes, elles devront être sanctionnées".

A espérer qu’il ne parlait pas des fautes de français, sinon, m’est avis qu’à Matignon et à l’Elysée, certains vont copier des lignes…

 

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Fin du préambule
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Passons maintenant à l’ambulance de la semaine : Michèle Alliot-Marie.
Michèle, je t’aime.
Sans Frédéric Lefebvre, Nadine Morano et toi, la vie serait tellement terne...


Acte 1 : on te reproche d’avoir soutenu jusqu’au bout le dictateur Ben Ali
Notamment en lui proposant l’aide des forces de police pour "mater la rebellion" comme dirait Akhénaton.

Pas celui d’Egypte, celui d’IAM, le groupe de rap (mais si, tu sais, cette musique qu'on écoute autour d'un bon feu de voiture....).

Si on a traduit  MAM en "Matraquons Abondamment les Maghrébins", c’est qu’en fait, tes propos ont été "sortis de leur contexte et mal interprétés".
Oui, parce que dans la BAEG (Boîte A Excuses du Gouvernement), tu as tiré au sort "mes propos ont été sortis de leur contexte et mal interprétés".
Comme Brice Hortefeux avec son Auvergnat, ou Frédéric Lefebvre avec tout ce qu'il dit.
Au départ, tu avais tiré "c'est la faute des 35 heures" mais Fillon a refusé, de peur de voir Copé débarquer dans le débat.
Quant à "c’est la faute du laxisme de ces fainénants de gauchos de des juges", on avait retiré la carte sur demande du Passe-Partout élyséen.  

 

Acte 2 : on te reproche de passer tes vacances de Noël en Maghrébie Tunisie alors déjà troublée.
Toi, en revanche, ne l’es pas du tout quand tu rétorques à David Pujadas que la révolution n’avait pas commencé entre Noël et le jour de l’an, quand tu y étais.
Euh... Mimi... faut qu’on te dise un truc : Mohammed Bouazizi s’est enflammé (1) comme une déclaration de Frédéric Lefèbvre le 17 décembre, déclenchant les manifestations à Sidi Bouzid le 22... qui sont signalées par les journaux français le lendemain...
Curieusement, David Pujadas, avec la pugnacité rageuse qu’il met dans toutes ses questions, n’est pas revenu sur ce problème de chronologie...
Pourtant, il n'y est pas allé par 4 mains mortes, le David : "vous avez eu beau temps ?" suivi du très insolent "souvent, il ne fait pas trop chaud à cette période..." pour conclure par un cinglant "mon beau-frère y est allé en all-inclusive, il m'a dit que c'était super"
Tu t'es TRES BIEN sortie de cet entretien-piège, Michèle.

 

Acte 3 : on te reproche d’avoir profité de l’avion d’un homme d’affaire tunisien proche du pouvoir dictatorial.
Alors, là, tu m’épates complètement par la justesse de ta réponse :

Scène 1.
C’est un ami, et, qui plus est, une victime du régime.
C’est juste que t’as eu du bol : c’est la seule victime du régime qui a été condamnée à posséder un jet privé.

Scène 2.
Cet avion, il était là par hasard, quand tu es descendue du tien, avec ton alibi matrimonial époux Patrick Ollier, moteur chaud (l'avion, pas Patrick Ollier) comme Nadine Morano à la fête de la merguez libérale, et il allait -comme la nature fait bien les choses !- dans le même bled que toi.

Là encore, mon coeur balance : chance insolente ou talent pur ?
Il va sans dire que dans ton cas, la deuxième solution s'impose.

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Poupée MAM.
(existe aussi en uniforme TUNISAIR)

 

Scène 3.
On n’est pas ministre quand on est en vacances...

Alors là... c’est le couscous boulette.
Je me rappelle François Fillon disant le contraire sur l’antenne du service public radiophonique il y a quelques mois...
Aïe !

Scène 3 bis.
On n’est pas ministre quand on est en vacances... mais finalement, si !

Sauf que finalement, tu te rattrapes habilement en disant que tes propos ont été sortis de leur contexte, et mal interprétés (même tirage au sort dans la BAEG): on est BIEN EVIDEMMENT ministre 365/24.
Mais alors, là où vous m’épatez, c’est qu’une fois que vous avez fini votre journée de ministre (qui dure quand même 24 heures par jour tous les jours, ce qui fait de belles journées, faut reconnaître), vous trouvez le temps d’être
- maire de Bordeaux (Alain Juppé),
- Maire de Saint Quentin (Xavier Bertrand),
- Président de l’OPAC du Rhône (Michel Mercier),
- vice-président de la communauté urbaine de Bordeaux (Alain Juppé, encore),
- maire de Troyes (François Baroin),
- maire de Chaumont (Luc Chatel),
- maire de Nice (Christian Estrosi) etc.
..
La noblesse de votre sacrifice n’a d’égal que la pureté de l’abnégation qui est la vôtre.
Rien à dire (2).


Acte 4 : on te reproche alors d’avoir repris le jet privé, pour un autre déplacement lors de ton séjour.
Alors là, pour leur rabattre le caquet, il suffit de leur rappeler que le pays était alors très secoué, ce qui semble bien normal quand on place au ministère de l’Intérieur un Maghrébin : après tout, ces gens-là ont l’habitude d’être de l’autre côté de la matraque, ça fausse leur perception, ils sont tout perdus...
En outre, tout le monde n’a pas la chance d’avoir à ce poste une personne ayant l’envergure et/ou la classe et/ou l’efficacité de Brice Hortefeux pour tenir un pays.

Pour toutes ces raisons, il me semble important
- de manifester mon soutien total à ton maintien au poste de Ministre des Affaires qui lui sont Etrangères.
- de rappeler qu'on est, comme l'a dit le président, dans le cadre d'une République irréprochable, et d'une équipe gouvernementale de professionnels.

 

Humeur du jour : me suis fait violemment mordre à l'épaule droite.
La douleur le partage désormais à l'amusement : peu de gens peuvent dire "je me suis fait mordre par le directeur de mon établissement" sans mentir.
Zik : Johnny Cash + Cypress Hill = Everlast - Folsom Prison Blues. Une tuerie géniale.
Conclusion : en cas de dépression du pays, des masques à Jah Love tomberont automatiquement à votre portée.

Et demain ? : je ne sais pas, chouchou, je ne sais pas... François Fillon en Egypte, peut-être ?

 

(1) J’aime le mimétimse ches les journaleux.
Il y en a un, un jour, qui s’est dit "putain, je connais un mot rare, faut que je l'utilise". Mais comme il avait la charge des pages "sport local" du Dauphiné Libéré, "immolation" n’était pas facile à placer.

Il l’a soufflé à son confrère de la rubrique "politique internationale" lequel a fait un Scrabble avec et l’a utilisé à tout bout de champs (et les champs, c’est pas ce qui manque en régions).
Les autres ont suivi.
Petit rappel : l’immolation est l’acte de sacrifier une vie, humaine ou animale. Si l’action est plus ou moins réfléchie, le verbe, lui, ne l’est pas forcément. On peut, cher journaliste, immoler quelqu’un d’autre que soi. On peut immoler un chaton ou un centriste, pour peu qu'on soit doté d'un certain sens de l'humour.
Et surtout, on peut immoler avec un couteau, un sabre, une pierre, ou, pour les plus patients, une gomme rouge et bleue (je conseillerais alors le côté bleu, plus dur). L’immolation n’a rien à voir avec le feu.