15.04.2010
Le Mojitard... trop, trop tard...
Précieux lecteur cher à mon cœur, imbibée lecteuse à la diction pâteuse,
Dans cette note : une anecdote de bar.
Je te raconte ma vie, quoi.
Travailler dans un bar n'est pas la chose la plus compliquée du monde, je trouve.
En gros, il faut être
- accueillant,
- rapide,
- sûr dans tes déplacements,
- ample et félin,
- souple et fluide, tout en restant souriant et susceptible d'être interrompu par d'impolis importuns qu'il faut rabrouer avec classe, parce qu'on ne saurait être grossier quand on a le physique de rêve qui est le mien, ça ne se fait pas.
Et aussi, il faut savoir traduire les mimiques des clients imbibés, voire travailler les langues étrangères, parce qu'on enseigne l'anglais au collège, mais pas l'alcoolique, alors que sa prononciation demande, à jeun, un véritable effort d'attention pour comprendre.
Car, à jeun, on veut comprendre.
Sinon, le job consiste aussi à faire des trucs super compliqués, genre whisky-coca (j'hallucine sur le nombre de personnes qui consomment ce truc. Pour moi, on abandonne ça quand on a 15 ans et qu'outre le critère d'efficacité, celui de la saveur intervient aussi dans le choix de l'alcool) caïpirinha ou mojito.
Pour les filles, dans le mojito, on glisse un bâtonnet phosphorescent et luminescent qui confère au cocktail un côté incroyablement festif.
Voilà pour le contexte.

à effectuer un toucher rectal sur un jeune chômeur.
Ou alors il compte sur ses doigts les régions conservées par la droite.
Je ne sais plus.
Il était environ trois heures du matin.
Elle, petite trentenaire châtain (chocolat au lait, clair, si tu veux te la jouer modeuse), menue, chancelante comme un argumentaire de Frédéric Lefebvre un soir d'élections régionales remportées par la gauche.
Plutôt mignonne, carrément saoule.
Je vais céans retranscrire le dialogue qui a eu lieu, et j'admets sans rougir, n'étant pas un barman sans foi ni loi, que le souci de santé publique prend parfois le pas sur les obligations commerciales qui sont les miennes.
Tu vas le constater.
J'ajoute pour la touche de réalisme, que le rythme de sa diction allait du staccato au lento-ma-non-troppo tandis que l'articulation laissait à croire que la demoiselle avait oublié sur sa langue une enclume enduite de poix brûlante.
Ou un pancréas de sénateur tout juste sorti du micro-ondes.
Ou un truc comme ça, quoi.
Elle : J-je voudrrrrais un mojito, s'il te plaît.
Moi : Je veux bien, mais je pense que vous avez assez bu, mademoiselle.
Elle (faussement outrée)(facile à jouer quand on est une outre, NDNicMo) : Moi ?!? M-m-mais non... j'aimerais en boire un dernnnnnnier pour pouvoir bien dormir...
Moi : Oh, ben franchement, là, il ne devrait pas y avoir trop de problèmes à trouver le sommeil...
Elle : Ah ?!? Pourquoi ?
Moi : Parce que je pense que vous avez assez bu, mademoiselle.
Elle : Saoule ? Moi ? Saoule ? Eeeeet... qu'est-ce qui te fait dire ça, je te prie ??? Hein ??
Moi (ironique)(j'aime bien ça) : ben... ça fait un bon quart d'heure que tu têtes le bâtonnet fluo de ton mojito en étant persuadée que c'est la paille.
En plus : c'était vrai.

Note que j'aurais aussi pu illustrer "sucer", mais j'ai eu peur de sombrer dans la vulgarité.
Zik : Kassav'
Conclusion : Jah Love et bâtonnet fluo sont les mammelles d'une bonne cuite.
21:21 Publié dans Laïfe is laïfe | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : castagnettes avec eric besson, lambi au gratin, fusion des élites par pirolyse |
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Commentaires
'fin bon, ça risquait pas d'être moi, certes je suis petite et plutôt mignonne et brune (châtain ? jsais pas trop) mais je suis la sobriété même, d'ailleurs, tu m'as jamais refusé un verre (puisque je ne le demande pas!).
Sur ce, je vais me fendre d'une note juste pour ta location en Guadeloupie. Mais ça me fait mal au cul, tu sais. En plus que ça, comme dit le réunionnais moyen, j'y mettrai jamais les pieds, moi, sous peine de me voir déshéritée.
(mais si t'as rapporté du whum euh des maracujas, jdis pas non)
Écrit par : Suze | 16.04.2010
Répondre à ce commentaireC'est là que t'étais tout ce temps ? Dans un bar ?
Écrit par : Océane | 16.04.2010
Répondre à ce commentaire:-)
tu devrais nous raconter plus souvent tes anecdotes de bar...
Écrit par : miss400 | 16.04.2010
Répondre à ce commentaireQuelque part, si tu arrêtes de m'adresser la parole je veux bien comprendre.
Écrit par : Aurélia | 16.04.2010
Répondre à ce commentairePar contre les fausses pailles kibrille ( ;-) ) je trouve que cela fait très province, genre l'animation qui déchire sa race au bal qui suis la Foire de l'Eplucheur rétro-éclairé au St-Brandon-sur-le-Castel-d'en-bas...
Donc t'es sûre que t'es en province?
Écrit par : arpenteur | 19.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nanou | 21.04.2010
Répondre à ce commentaire@ Océane : ouais. Je t'ai attendue, attendue, tu n'es jamais venue. Zaï-zaï-zaï-zaï.
@ miss400 : je ne peux pas trop. C'est secret professionnel.
@ Aurélia : au contraire ! Tu as tellement à apprendre de moi !
@ Arpenteur : je te sens critique sur le bâtonnet fluo, follement festif en vérité. Je pense que tu es jaloux. Je ne vois pas d'autre explication. Ou alors tu es de droite, donc réfractaire à tout ce qui est festif.
@ Nanou : relève-toi, allons voyons ! Nos amis sont là !
Écrit par : Le Patron | 24.04.2010
Répondre à ce commentaireJ'ai eu un petit moment de solitude mais j'ai les cheveux noirs alors!
Et pour quoi l'Arpenteur y dis que c'est moi??? Hein!??? Ah non il ne dit pas que c'est moi , il dit qu'elles brillent les pailles...Je vosi que dans ton entourage nous sommes beaucoup(e) à avoir eu une petite goutte de sueur le long de la colone! Ca va où bien? La famille? Si, si! Moi le petite dernier fait ses dents (à 16 ans il était temps) donc tout roule!
Écrit par : Kibrille | 28.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Jane | 18.05.2010
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