04.05.2007
Mais, mais, mais...*
*68
Précieux lecteur cher à mon coeur, mignonne lecteuse pas dispendieuse,
Dilapidons, dilapidons ! Un héritage, c'est fait pour, non ?
Une bien belle journée, en vérité !
Ce matin, je me suis levé vers 11:30. A la cool, mais… quand même avec une sérieuse envie de jouir sans entrave et de déboutonner mon cerveau aussi souvent que ma braguette !
En sale vermine communiss’ bon gauchiss’, j’ai d’abord été réaliste, j’ai demandé l’impossible : du pain frais sans bouger de chez moi, sans m’agiter comme la France qui se lève tôt…
Comme ça ne venait pas, j’ai arrêté de désirer la réalité (c’est bien) pour réaliser mes désirs (c’est mieux).
A contrecœur, j’ai donc enfilé mes tongs en peau de plastique et je suis parti chercher le pain. Je ne me suis pas chaussé au hasard : je sais bien que sous les pavés, il y a la plage.
Et comme on refait ma rue et que je ne supporte pas le sable dans les chaussures…
Je me suis mis en route promptement car moi, mon truc, c’est de vivre sans temps mort.
Dehors, j’ai été agréablement surpris par le soleil qui réchauffait doucement mon corps superbe encore ensommeillé. "C’est bon ça… comme si le rêve est réalité", me suis-je dit. J’étais dans une douce torpeur… je voyais des cadres stressés qui couraient, la cravate au vent et moi, tout ce qui m’importait, c’était de décréter, pour moi, l’état de bonheur permanent.
Aussi tranquille et serein et cool et zen et rilax et décontracté du gland qu’un candidat de petite taille à une élection présidentielle devant des journalistes inféodés, je suis arrivé à la boulangerie. Et là, fouillant mes poches (je sais, c’est moche), j’ai réalisé que je n’avais pas assez d’argent pour le pain ET Franche Football.
Saperlotte !
Mon économie est blessée ? Qu’elle crève !
Parce qu’à la réflexion, Je ne veux pas d’un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui !
Donc, va pour Franche Football.
Je ne vais pas m’interdire ce petit plaisir. D’ailleurs, à partir de ce moment, pour moi, il est interdit d’interdire. Comme je suis résolu à consommer plus pour vivre moins, j’ai aussi pris Le Figaro Jeunesses Trotskystes Hebdo pour le dossier "Faire un joli nœud coulant avec les tripes de ton patron pour pendre le curé de ta paroisse avec tes collègues cégétistes mais sympa quand même".
Bien fait le dossier, complet et tout…
En plus, la PdM (Prolétaire du Mois) de la page centrale !!!!!! Oh là là !!!! Dans son bleu rouge de travail, là… J’étais vraiment excité…
Bon, puisqu’on est entre nous -ferme la porte s’il te plaît- je dois t’avouer quej’ai laissé un peu mon esprit vagabonder et l’idée m’est venue de me caresser le python, là, tout de suite en rentrant ! Ou alors j’attends demain… de toutes les façons, si c’est mon déterminisme historique, ça finira bien par arriver… mais...
La perspective de jouir demain ne me consolera jamais de l’ennui d’aujourd’hui, tu comprends ?
Donc je ne presse pas le pas pour rentrer chez moi -j'en suis incapable, je suis un gauchiss’, je te rappelle, je suis marxiste tendance Groucho- mais je continue à rêvasser… l’imagination prend le pouvoir… !
ET si… et si c’était la dernière journée où on peut encore se sentir soixante-huitard ?
NE ME LIBERE PAS, JE M’EN CHARGE
Humeur du jour : la liberté d’autrui étend la mienne à l’infini (Bakounine), hélas…
Zik : Neptunes – Sympathy For the Devil (radio edit)
Conclusion : Let’s do some good ol’ Jah Love Revolution, Bro’ !!!
23:05 Publié dans Grincements de dents | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : nicmo, chronique, humour, mai 68, soixante-huitard, revolution, slogan



Commentaires
Ecrit par : Dam_Dom | 05.05.2007
Répondre à ce commentairevas y mollo avec le python, on pourrait peut être se faire des sacs à mains nous avec les restes !!
Ecrit par : féekabossée | 05.05.2007
Répondre à ce commentaireAujourd'hui je suis heureux, triste, angoissé, impatient, petit mais ça c'est normal, ce qui rends le contraste encore plus saisissant avec mon Boa, aujourd'hui je veux vivre comme si c'était notre dernier jour de liberté, comme si, demain, il allait falloir prendre le maquis, les armes(démocratiques...enfin espérons), comme si ce jour était le dernier d'un été indien de 1936, avant la tempète, la froidure, la mort pour certain, avant le gèle des coeurs et le dégèle des prix. Alors , aujourd'hui j'écris ton nom: NICMO (oui je sais la fin barre un peu en couille, mais bon).
Ecrit par : kundun | 05.05.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Fanny | 05.05.2007
Répondre à ce commentaireJe le kiffe bien, celui-là.
(Tu me passera ton exemplaire de Jeunesse trotskyste Hebdo ? Le noed couland c'est LE truc que je maîtrise trop mal, habituée à faire ma petite lutte des classes diretement à la hache).
Ecrit par : Aurélia | 06.05.2007
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