06.09.2006
Dépression et hygiène dentaire
Cette note devait suivre celle-là mais les lois de Murphy m'ont empêché de la publier plus tôt.
S’cuse pour la conclusion un peu hâtive, mais j’avais un train à prendre. Ben vi, il arrive parfois que le parisien (d’adoption, hein, faudrait voire à faire montre d’un minimum de respect…) que je suis soit appelé à faire des déplacements professionnels.
Moi, ça m’arrivait tout le temps quand, dans mon ancienne vie, j’allais en mission à droite à gauche, en France et en Europe.
Il y a neuf ans jour pour jour, j’ai eu la chance d’avoir à me déplacer en Angleterre. A Londres.
Mes correspondants là-bas s’étaient occupé de me réserver un hôtel. Ma -très, très- charmante homologue anglaise m’avait glissé d’un air gourmand : “you’ll see, it will be nice. We have spoiled you…”. Et c’est avec ces idées en tête et “Good Humour” de Saint Etienne (le groupe, hein, pas l’équipe de football) que je découvrai Londres, depuis mon taxi.
Il faisait beau, très beau en ce premier jour de septembre. Un été indien comme il en existe là-bas. En plus, c’était too easy : il suffisait de se poser les fesses sur la banquette après avoir dit au chauffeur "to Kensington's Royalk Garden Hotel, please" et d’ouvrir les yeux. Pour les oreilles, pas la peine, j’avais Saint Etienne dedans, faut suivre un peu !
Donc, j’enjoy my race, comme on dit là-bas.Le taxi m’arrête devant un hôtel, comment dire… surprenant et jouxtant Hyde Park. Devant : des Rolls pas mops du tout, des Mercos pas sous-commandant du tout, et de la Bentley, mais là je suis à court de jeu de mots.
Entrée majestueuse, colonnes de marbre clair (en toph, c'est ça), plafond hyper haut et, partout, des Barbamamas noires femmes d’émirs sous leur burka (orth ?) portant des sacs Gucci, Chanel, Pimkie ou Cerutti (sauras-tu trouver le piège ? cf. en conclusion)…
A l’accueil, pas de bousculade, c’est chacun le sien : on est dans un Palace, ou bien ?
Ayant pris mes bagages, l’hôtesse d’accueil, m’accompagnant dans l’ascenseur, m’explique qu’ils ont dû me changer de chambre, qu’ils sont désolés… imprévu… blah blah blah.
Après l’avoir abondamment giflée puis humiliée en urinant sur ses escarpins en peau de vache (oui, moi, les déplacements, ça me rend nerveux et ma nervosité se traduit souvent par de l’incontinence… et ne me regarde pas comme ça, ça me rend nerveux… bon attends, je vais passer sur batterie pour prendre moins de risque avec le pécé), je lui réponds que ce n’est pas grave, lui prouvant par-là même que le Français, quoique émotif, sait se montrer courtois.
Elle ouvre ma chambre. Enfin… ma suite. Tout en haut du Palace, une chambre d’une quarantaine de m2 PLUS une pièce de réception avec coin salon, table ovale pour douze personnes, baies vitrées du sol au plafond (dans la chambre aussi, avec un lit XXL surélevé pour en profiter tout le temps), un chiotte à chaque bout de la suite (génial je suis tout seul), vue directe sur le Château de Kensington, demeure des Spencer et partie intégrante d’Hyde Park.
La suite, en fait n’est qu’un début… (Boom boom tssssing). En effet, 2 jours avant, Les Dix Diana étaient mortes avec Doudou El Fayot sous le pont le l’Alma, na !
Sérieusement, cette histoire était vécue par l’Angleterre comme un traumatisme national. Et l’Anglais compensait des siècle de réserve et de quant-à-soi dans une espèce de catharsis collective, en mettant des bougies, des peluches (une sorte de Grande opération "des Doudous pour Dodi" ) et des fleurs devant Harrod’s et… devant le château de Kensington.
Me voilà donc dans ma suite, vue magnifique, plongeante et imprenable sur Hyde Park, les allées bordées par des barrières florales de 1,50 m de haut environ, et éclairé, dans cette belle nuit sans vent, par des millions de bougies disposées au pied et sur les branches de TOUS les arbres. Et sur les allées menant au château de Kensington, la demeure familiale des Spencer, donc de la Princesse des Rallyes Coeurs.
Hallucinant.
Unique.
Fallait être là au bon moment. Certains ont dit que j’avais de la chance. A ceux-là, je rétorque que je n’en ai pas besoin parce que j’ai du talent.
Et puis… tu sais quoi ? A la TV, pas un seul film de cul derrière pour se tripoter le nœud devant (celle-là n’est pas de moi mais je ne sais plus où je l’ai entendue)
C’est moche...
En plus, un mystère demeure : did Dodi do Di, when Di and Dodi died ? (pose la question à tes amis, généralement ils ne répondent pas directement).
Fin de l’épisode anglais, et réponse à l'énigme : Gucci, Chanel, Pimkie ou Cerutti …l’intrus est bien entendu Chanel, le seul qui casse la rime en "i"
Cette semaine, donc, déplacement sans britton à l’horizon : j’étais à La Rochelle.
La Rochelle, c’est cool, c’est au bord de l’eau, et c’est la ville dont la devise est : belle et rebelle. Je dis bravo ! C’est mieux que moche et re-moche, non ?
Dès le trajet en train, l’angoisse m’étreint (de la SNCF. Boom boom tsssing).
Chiotte de chiotte !!! J’ai oublié ma brosse à dents (surtout, ne pas être nerveux, ne pas être nerveux, ne pas être nerveux…). Mais, arrivant à 23:30, difficile de trouver une pharmacie ouverte. Tant pis, j’attendrai demain pour faire disparaître cette désagréable sensation des dents qui accrochent la langue.
Lundi toute la journée : je ne suis pas dans un secteur commerçant, mais je croise une épicerie de quartier. Pas de BàD, rupture de stock. Putain de loi de Murphy ! Lundi soir : merdum, tout absorbé par un vague projet de production de blag, je n’ai pas fait attention à l’heure.
Il me reste 3 mn pour arriver au Monop’ avant 21:00.
Je pulvérise le contre-la-montre Le Mail/Monop’ du centre-ville et arrive, suant-puant (mais je m’en fous, au retour ce sera douche et brossage jouissif des ratiches) devant le magasin... qui fermait à 20:00.
Je rentre en pestant contre cette sentation désormais obsédante d’avoir un bout de scotch collé à l’envers sur les dents. Je repère chez le pote qui m’héberge le placard qui fait office de stock dans la salle de bain.
J’y trouve du shampooing volume à foison -génial, je me coiffe à la Zizou, ou plutôt Zizou se coiffe comme moi parce que j’étais preum’s, il a fait rien qu’à copier, comme pour la technique de dribble- des Tampax de couleurs diverses (les boîtes, hein, j’ai pas poussé plus loin mes investigations parce que ça présentait peu de chances de résoudre mon problème, sauf à finir étouffé par un machin qui s’écarte en corolle, afin de mieux préserver les courbes naturelles de mon intimité) et du parfum.
Le parfum, j’ai hésité : d’abord parce que ça pouvait résoudre le problème de l’odeur, et ensuite parce que je pense qu’après avoir avalé 2 bouteilles de parfum, la sensation sur les dents, soit tu ne la sens plus, soit tu t’en fous.
Le Destop ? Le Canard WC ? C’est bien anticalcaire mais je me demande si ce ne serait pas un peu radical…
Ayant de la suite dans les e-bay, j’enfourche le vélo et retourne au centre-ville, décidé à trouver une solution. Je passe à l’accueil de lIbis et d’un autre hôtel pour leur demander de me dépanner/vendre une BàD qui sert normalement à dépanner les clients. Mais contrairement aux hôtels croisés, Murphy a de la réserve, et mes recherches s’avèrent infructueuses. Finalement, je trouve une espèce de Supérette ouverte tard.
Je tombe à genoux, je remercie Saint Christophe Dugarry, patron des mecs en détresse de BàD (ça se sait trop peu).
Je rentre paisiblement, tout léger d’allégresse à l’idée de perdre de l’ordre de 35 grammes de calcaire et de résidus divers. Je suis soulagé, et même je prends mon temps, m’infligeant la douce cruauté d’une attente un peu plus longue, mais j’ai le fétiche en poche, donc je me fais mon petit suspense à moi.
Après tout, je ne suis qu’à quelques secondes de bénéficier de la fraîcheur mentholée que je désire depuis 2 jours.
Je rentre.
Douche.
J’attrape le fétiche.
Putain, pas de dentifrice. Re-fouille. Re-shampooing volume… bref, à la fin, je me retrouve face à une unique solution : le dentifrice des enfants.
Me voilà donc quasi-larmoyant -de rage- devant un tube à moitié mâchonné, indiquant en lettre fluo rose : goût bubble-gum. Pour vraiment me faire envie, les marketeux ont passé un partenariat qui les autorise à faire figurer Donald et Picsou sur le tube.
Tu sais quoi ?
Je n'aime pas Disney.
Humeur : dans le train du retour, à la cool, des enfants jouent autour
Zik : Toy Dolls – Dig that Groove
Conclusion : Jah Love Be With You
14:40 Publié dans Laïfe is laïfe | Lien permanent | Commentaires (2) |
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Commentaires
par contre , si tu ne m'en veux pas , je vais decaller ma demande en mariage , non pas que tu refoules du goulot hein non pas du tout , mais en fait j'ai piscine tous les jours pendant les 10 ans à venir !!!!
Écrit par : féekabossée | 06.09.2006
Répondre à ce commentaireCa m'a énervéééééé.
Quant à l'haleine, pas de souci, je fume alternativement le cigare et le hareng afin d'en masquer l'odeur.
Écrit par : NicMo | 06.09.2006
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